Samedi 13 février, lendemain de la sainte Eulalie, notre fête des amoureux depuis 4 ans, nous décidons de profiter enfin du musée d'archéologie de Montréal dont nous sommes depuis peu les « amis. » Entendez-par là qu'en échange de « 50 dollars » nous sommes invités « gratuitement » à venir fureter aussi souvent que nous le souhaitons.
Ce matin, c'est l'idée ! Nous allons nous instruire et profiter ensuite du restaurant réputé du musée qui, depuis le second étage, offre une vue imprenable sur le port. C'est la sainte Eulalie après tout !
Gants et manteau, chaussures et bonnet, nous sommes parés.
Comme il fait VRAIMENT froid, une fois sortis du métro, nous décidons d'emprunter les souterrains : le RÉSO, 33 km de couloirs sous la terre, le plus grand complexe souterrain au monde, 12 pour cent des commerces du centre ville de Montréal (merci wikipedia !)
Je ne trouve pas cela bien joli, et prends les montréalais pour des fous : qui voudrait aller faire ses courses ou dîner sous terre ?
Mais le réseau souterrain ne porte pas toujours bien son nom, car de couloirs en tunnels, le parcours, qui utilise les fondations des bâtiments, nous fait également passer par les couloirs lumineux de buildings en verre.
Je commence à le trouver bien plus intéressant !
Par les vitres immenses, le soleil nous chauffe, et sur la moquette impeccable, j'ai l'impression douillette de me retrouver dans un pays chaud !
Rapidement il faut retourner sous terre, mais c'est au tour de l'architecture de m'étonner favorablement.
Les formes et les matières sont agréablement choisies, les panneaux indicatifs design, les embranchements pleins de promesses !
Qu'allons-nous trouver au détour d'un couloir : verrière ensoleillée ? escalator vers la lumière ? restaurant italien aux senteurs d'origan ? Vaste dining room pour étudiants appliqués ?
Cette fois, c'est un couloir aux courbes organiques qui nous amène tout droit au centre de commerce mondial. Le World Trade Center ? Berk, non merci, j'ai déjà donné à New York.
Mais plus j'avance vers l'escalator travaillé, plus je découvre des bouts de ciel bleu au delà des vitres impecables et à plusieurs dizaines de mètres de nous. L'endroit pourrait-il me plaire ?
L'endroit me plait tout à fait ! De la pierre, des plantes et du verre. Je n'ai rien à redire. On se croirait dans une petite ruelle italienne (avec de la bonne volonté, de l'imagination et l'envie irrépressible de déambuler à Rome !).
Une place dans la place a des airs de Paris avec ses réverbères et sa fontaine où l'eau tient plus du miroir que de l'élément liquide !
Après avoir croisé des magasins où une paire de chaussettes coûte le prix d'une paire de ski, où un caramel peut coûter le prix d'un cheval, nous replongeons sous terre, direction la vieille ville et notre musée !
Un couloir intriguant, illuminé de bleu, ne nous amène nulle part et nous rebroussons chemin pour, finalement, retrouver l'air libre.
Une vision d'artiste des différentes strates de Montréal nous amuse le temps de comprendre où nous sommes. On peut observer les canalisations, le réseau souterrain, les couloirs du musée d'archéologie, le métro, les tunnels des voitures… Et au dessus de tout ça, les buildings qui défient le ciel !
Il y a aussi une maquette en plexi du musée de pointe à Caillère et une représentation des fameuses fondations historiques de la ville. Nous nous rappelons soudain que le but initial de la balade était de nous informer sur les débuts de Montréal…
Dans les rues la neige a fondu mais le froid est piquant. Nous admirons tout de même les maisons aux façades pleines d'histoire et nous nous promettons de venir très prochainement observer tout ceci avec plus d'attention.
Enfin arrivés au musée, c'est le chaos. Quand la température est négative, le musée offre une réduction d'autant de degrés sous zéro, donc aujourd'hui, c'est -20%. Des groupes se succèdent et des enfants crient. Comme il est déjà 14h45 et que nous n'avons toujours rien mangé, nous décidons d'aller directement au restaurant et de repousser à quelques instants les nourritures mentales : le calme sera peut-être revenu dans trois quart d'heure…
Sauf que le restaurant, il est fermé ! Des badauds finissent des plats compliqués et le garçon de café, très distingué, nous pousse résolument dehors !
Mais… nous avons faim !
Alors au diable l'histoire… nous repartons dans la vieille ville pour, platement, nous contenter de nourritures terrestres ! Un petit restaurant polonais nous ouvre les bras, et dans les rues pompeuses de Saint Paul, nous sommes heureux de trouver un restaurant dont le seul intérêt n'est pas de nous ruiner ! Pierogi, żurek, gulasz et kompot… nous nous sentons en Europe de l'est le temps du repas ! Les serveuses parlent polonais, Paul s'essaie à quelques mots, mais on sent que le service fut long et qu'elles n'en ont rien à faire des tentatives de rapprochement de culture. Un bon pourboire merci !
Nous voilà sortis du restaurant mais il est 16h15 et le musée ferme à 17h00. Peut-on avouer que le programme de la journée n'a pas tout a fait été respecté ? Nous avons beaucoup marché, joué au jeu de piste à travers les couloirs, ouvert notre esprit à de nouvelles architectures et… mangé ! Pardon, visité gustativement la terre d'origine de Paul !
Nous déambulons encore un peu dans les rues de Montréal, mais retournons rapidement vers notre métro de la ligne verte : Place des arts !
La place de la vieille ville, l’hôtel de ville et nous replongeons sous terre via le complexe Guy-Favreau et le complexe Desjardins. Les structures sont impressionnantes, à nouveau.
Cet « extérieur à l'intérieur » me laisse toujours un peu songeuse…
Dans le complexe Guy-Favreau, nous nous sentons en pélerinage. C'est ici que, quelques semaines plus tôt seulement, nous étions venus en quête de notre insurance number !
Joyeuse sainte Eulalie !