Dimanche matin, 7 heures, "drIIIIIIng" "DRiiiiiiiiiNG" … "DRIIIIIIIIIiiiiiiiIIIING"

Noooooooooon…Mais… µ§.°ùù# QUI a encore… *°µ* oublié… son µ°%*öµ°# de réveil… ?

Ha non, aucun coupable de cacophonie matinale, c'est juste qu'aujourd'hui nous avons décidé d'aller découvrir l'une des collines que l'on aperçoit depuis le Mont Royal. L'idée de base : aller nous essayer au ski de fond maintenant que notre nouveau boulot peut financer l'excursion.

Après quelques recherches sur Internet nous avons décidé d'aller au Mont Saint Bruno. Un coup d’œil sur Google Maps : le métro partira à 8h33 et un bus nous déposera à 10h00 au pied du parc. Tout semblait donc bien programmé, les sandwichs au pâté maison et ceux à l'avocat et mayonnaise maison (oui, oui) étaient correctement emballés dans nos sacs, les gourdes remplies, les paires de chaussettes de rechange roulées en boule, le baume dans la poche de devant du sac à dos.

Paul sur le qui-vive pour ne pas rater l'arrêt… Premier stress : le métro arrive deux minutes à l'avance à la station. Je vois Paul qui court derrière moi, je monte dans la rame et paf, les portes se ferment devant lui. Je nous vois déjà, patientant une heure dans le froid…

Mais comme par magie, les portes s'ouvrent de nouveau et Paul peut me rejoindre. Arrivés à Longueil, nous cherchons les tickets pour le bus conseillé par Google Maps et la vendeuse nous propose deux tickets aller-retour à 36 euros.

36 euros ? Pour un bus de banlieue ???

Soit, nous arrivons au quai du 99, nous montons dans le bus et, SURPRISE, le ticket ne convient pas ! Notre idiote de vendeuse nous a fait acheter n'importe quoi et a confondu le mont Saint Bruno et le mont St Hilaire… La chauffeuse de bus, bien plus débrouillarde que son incompétente collègue, nous dirige vers le bus 200, et c'est ainsi que nos plans changent : Mont Saint Bruno au revoir, Mont Saint Hilaire hello !

Commence alors un périple à travers les alentours usineux de Montréal, vue buccolique au possible, que nous ne pouvons de toutes façons pas vraiment observer vue la couche de crasse sur les vitres du bus. À 9 dollars le trajet, quand même, ils pourraient laver les carreaux…

Notre chauffeur est sympa, il nous explique où nous devons nous arrêter mais nous prévient que nous serons encore à 5 km de l'entrée du parc naturel. Évidement, comme on peut l'imaginer sur ce continent de la reine-bagnole, les 5 km à parcourir ne sont pas prévus pour les piétons. Bien que de jolies maisons longent cette petite route qui entoure le mont et que quelques éclaircies nous envoient des rayons de soleil, le flot incessant de gros 4X4 sur une route pas très large et sans trottoir rendent les kilomètres à parcourir vraiment désagréables ! Premiers deux kilomètres, pas supers, trois suivants, vraiment bruyants et dangereux !

Paul trace devant, moi je peste sur les voitures en traînant la patte. Je prends quand même quelques photos au passage mais me dit que c'est "bien beaucoup d'énergie et de sous" pour une vue qu'on retrouverait facilement en Belgique…

Heureusement, sur le bord du chemin, on voit bientôt un grand établissement avec écrit : CRÊPES ! Après un Earl Grey et des crêpes tièdes sur une petite table en bois, nous retrouvons du courage et de l'énergie pour la suite.

Le ciel se découvre complètement, nous réenfilons nos manteaux pour partir à la découverte du parc !

Les pistes de ski de fond sont fermées ; qu'à cela ne tienne : nous randonnerons. Notre moral a remonté avec notre glycémie. Nous louons des crampons, moi des bâtons, c'est parti !

Wawwww… première impression : les crampons et les bâtons ça rend VRAIMENT efficace. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, nous avons gravi le premier sommet. Il faut avouer qu'il n'est qu'à quelques 300 mètres, mais en une demi-heure d’ascension nous profitons déjà d'une jolie vue.

Nous continuons notre balade sur un chemin de crêtes et nous dirigeons vers le sommet suivant. Les arbres déplumés pourraient paraître monotones, mais le petit manteau de neige et la vue sur les sommets nous plaît. Le long d'une petite rivière nous décidons de déguster nos sandwichs mais, rapidement frigorifiés, nous repartons.

Il y a des joggeurs qui font le chemin en courant. Ils nous laissent dubitatifs.

Arrivés sur le sommet, trois copines veulent une photo. Paul s'exécute et s'applique pour arriver au cadrage parfait ! Nous discutons un peu avec elles et leur apprenons que nous sommes venus en bus ! Elles s’époumonent, s'époustouflent, s'étonnent, et nous proposent de nous déposer en voiture au retour si l'on se revoit. Paul prend la pause et je canarde !

La balade continue, sommet suivant, et finalement, la descente : il faut rendre les crampons à 16h00.

Une petite rencontre au coin du bois nous attend encore. Après quelques minutes d'observation et de photos ratées, nous poursuivons la descente. Il faut dire que les pas légers d'un badaud lourdaud a fait s'envoler notre ami…

Nous passons près d'un lac enneigé ravissant et j'en profite pour photographier cette immensité impeccable.

Au coin du feu En quelques enjambées nous arrivons à toute vitesse à l'accueil. Là, un bon feu de bois et des fauteuils moelleux nous attendent. Paul va nous chercher un petit chocolat chaud et cette journée semble finalement se dérouler bien mieux qu'elle n'a commencé !

Au moment de partir, Paul reconnaît les trois copines du sommet qui profitaient de la même flambée ! Moi, sans tout l'attirail bonnet lunette etc, j'aurais pu les confondre avec la reine d’Angleterre, mais Paul a l’œil et leur décoche un grand sourire.. ce qui nous vaut un lift jusqu'à l'arrêt de bus !

Non, nous de devrons plus affronter les voitures sur 5 km.. nous serons dans l'une d'elle !

Arrivés à l'arrêt de bus, notre conductrice se rend compte que notre bus 200 est déjà là et que nous allons le rater… Du coup elle tourne d'un coup décidé sur le carrefour et décide de filer jusqu'à l'arrêt suivant pour que nous ayons notre correspondance ! Voilà comment, à 17h30, nous nous retrouvons au chaud chez nous, quand nous pensions qu'à 20h00 nous peinerions encore dans la neige !

Merci jolie rencontre, merci le beau mont Saint Hilaire, et merci joli dimanche.

Demain, c'est lundi ! Paul trépigne déjà à l'idée d'aller voir ses nouveaux collègues. Quand à moi, ce soir, il n'y a aucune correction à faire, journal de classe à préparer ou cours à relire. Demain je vendrai des gâteaux et des plats préparés, je discuterai avec des clients, nettoierai l'établi du chef, apprendrait deux trois trucs de pâtisserie… Et quand tout ça sera fini, nous profiterons d'un joli match d'impro au théâtre Sainte Catherine.

Vite, vite, que la semaine commence !

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