Nouveau samedi sur le bateau mais cette fois, au lieu des côtes européennes, nous sommes à l'entrée des eaux américaines !
Ce matin, alors que nous sommes tranquillement installés dans notre cabine à regarder la pluie tomber, stroudm vroum clag brrrr bzang bzang, tout tremble, les moteurs semblent vouloir s'envoler et puis pssssscht, plus rien !
Là, Paul, judicieusement, me fait remarquer qu'on ne bouge plus.
Enfin... c'est beaucoup dire, disons que le cargo n'a plus l'air d'avancer parce qu'en ce qui concerne nos sensations, le tangage du bateau est bien présent !
25 m/s, ça nous fait une pointe de vent à 90 km/h !
N'écoutant que mon courage, ni une ni deux, je traverse notre porte, notre petit palier, la porte des officiers et me retrouve sur le pont. Que se passe-t-il ? Sommes-nous à l'arrêt ? Attendant quelques indices du capitaine polonais, c'est Stephan qui m'explique qu'avant d'entrer dans les eaux américaines un check-up complet du cargo est demandé, du cargo à l'arrêt !
Qu'à cela ne tienne !
Mais arrêter un cargo de 220 mètres de long, quand le vent est à plus de 20 mètres par seconde, ça donne des choses aussi absurdes qu'un radar qui vous indique que votre vitesse est négative (comprendre "speed" pour SPD et "nœud" pour KT sur la photo).
Moi, un vent qui vous fait reculer 40 000 tonnes de cargo juste comme ça, eh bien ça m'impressionne...
Le radar propose des informations étonnantes
Après quelques remontrances de notre capitaine à "on-ne-saura-jamais-trop-qui-il-parlait-polonais-mais-ça-avait-l'air-grave", la vérification est accomplie et nous pouvons repartir. Quelques photos de la mer en furie et des jolies vagues que nous offrent les 243 mètres de profondeur et c'est déjà le repas de midi, sa viande, sa sauce, ses desserts etc... Ce qui nous amène tout naturellement à la sieste.