
Au réveil, nous avons descendu nos affaires en contrebas du parking, où se trouvaient des tables de pique-nique. Après avoir lu la notice avec attention et assemblé le réchaud précautionneusement, j'ai allumé le gaz sous la casserole pleine d'eau pour le thé. Ouf ! Tout n'a pas explosé ! Christine nous a ensuite préparé un somptueux brunch avec les restes qu'il fallait finir : oeufs sur leur nid d'épinards (ceux qu'on avait achetés surgelés pour refroidir notre glacière) !
Après notre repas vient le moment de la vaisselle au vaporisateur : Christine a trouvé dans le rayon jardinage d'un Dollarama une bouteille munie d'une pompe pour y faire monter la pression de l'air. Après quelques coups pompés, il suffit d'appuyer sur la gâchette pour libérer de l'eau vaporisée. Pratique pour l'économiser quand nous n'avons que vingt litres !
Pendant ce temps, j'ai vérifié sur Google Maps qu'il y avait deux ponts : seul celui de la route semble répondre au nom de pont de Québec ; celui de l'autoroute serait alors toujours ouvert. D'ailleurs, nous pouvons apercevoir des véhicules y transitant. Nous allons donc tenter de nous rendre à Québec et de visiter la ville une seconde fois quand même.
Nous nous parquons sur un parking à huit dollars pour douze heures, à côté de la citadelle de Québec et du musée des Plaines d'Abraham, d'où nous commençons notre visite à pied. Comme nous sommes sur la ville haute, c'est par elle que nous allons commencer ; puis nous irons dans la ville basse pour manger au Lapin Sauté, qui a un menu à vingt dollars entre 14h et 17h.

Nous longeons le mur de la citadelle vers la falaise, pour voir quelle vue on aurait de ce côté-là. Un kiosque nous accueille le temps de lire un peu ce que disent nos guides respectifs sur la ville. Puis, nous empruntons la promenade des gouverneurs : une passerelle longeant le pied des fortifications et surplombant la falaise, jusqu'à la place d'Armes, au pied du Château Frontenac. La vue est belle et les photos nombreuses.
L'hôtel occupant le château offre un wifi « gratuit » qui sera « ajouté à la note de notre chambre, » mais aucun numéro de chambre n'est demandé, et je peux télécharger les cartes de Google Maps pour les prochaines étapes de notre périple pendant que nous observons les touristes et les spectacles de saltimbanques qui leur sont offerts.
Une fois les données collectées, il est temps de visiter. Nous traversons donc le château par sa cour intérieure, où on peut voir une pierre datée de 1647, provenant du château de Saint-Louis et gravée d'une croix de Malte (le truc rouge au-dessus de l'arche sur la photo de droite), ainsi que des gens en livrée, et une tour vertigineuse de chambres : une nuit ici ne doit pas être dans nos moyens !
De l'autre côté du château, le paisible parc des gouverneurs nous repose l'esprit après l'activité incessante de la place d'Armes. Nous remontons les rues désertes et admirons comment les habitants ont joliment décoré leurs cours et maisons. Quelques photos sont prises pour se souvenir des idées.
Puis, répondant à nos estomacs, nous décidons de prendre la direction de la ville basse. Sur notre chemin, nous passons devant l'école des ursulines — la plus vieille institution d’enseignement pour jeunes filles en Amérique du Nord ! — nous traversons le parvis de l'Hôtel de Ville où se tient un curieux événement : une hôtesse nous tend des tracts et nous explique que les chefs de grands restaurants de Québec, chacun dans leur stand, proposent des plats à déguster. Un carnet de cinq coupons ne coûte que vingt-cinq dollars, mais un rapide tour des exposants ne nous convainc pas : la nourriture proposée ne nous fait pas envie, et nous décidons de continuer notre chemin vers le Lapin Sauté.
Enfin, nous arrivons au restaurant, qui fait donc son menu à réduction même le samedi, et nous attablons. Je profite de pouvoir manger du lapin : rillettes de lapin en entrée, et demi-poutine de lapin, tandis que Christine évite l'animal : magret de canard et fondu (sic) de fromage. Les quantités sont légères, et nous sommes vraiment déçus par la fondue. Pour les desserts, j'ai pris un gâteau au chocolat avec un shot de bière brune, et Christine une crème brûlée à l'érable, mais comme d'habitude dans les plats dits « à l'érable, » nous n'avons pas retrouvé le goût de l'arbre.
Nous payons notre repas, et il est déjà l'heure de reprendre la route : le seul pont ouvert est peut-être embouteillé, et nous ne voulons pas arriver trop tard à Rivière-du-Loup pour trouver un endroit sympathique où passer la nuit. Sur la route, nous nous arrêtons sur l'aire d'un centre d'informations pour touristes et squatons un peu leur wifi. Christine appelle Marie sur Skype, et finalement nous décidons de souper ici. J'installe la cuisine et touille la soupe lyophilisée, pendant que Christine prépare le reste du repas.
Après manger, nous finissons la route et arrivons à Rivière-du-Loup. Une nouvelle halte WiFi à l'office de tourisme, et nous entendons de la musique quelque part.
Intrigué, je sors du camion pour voir de quoi il en retourne, et je vois au loin des gens qui marchent autour d'une piste de 400m, avec des bougies posées sur le sol.
Je retourne au camion et raconte ce que j'ai vu à Christine ; curieux, nous retournons voir ce qu'il se passe.
Nous croisons des gens qui nous expliquent que c'est un relais pour la vie ; une marche de nuit servant à amasser des fonds pour lutter contre le cancer, organisée par la Société canadienne du cancer
Notre curiosité rassasiée, nous retournons au camion, traversons ce qu'il reste de ville, et c'est dans le noir que nous arrivons sur le parking rue Hélène du parc des chutes de Rivière-du-Loup. Nous sommes seuls, et nous nous endormons rapidement.