Samedi matin, après une bonne nuit (une fois de plus) dans la chambre de Becca (la fille de notre hôte Jim) et une soirée étirée en longueur (une fois de plus) avec Jim, nous nous réveillons frais et dispos pour une nouvelle journée dans le magnifique état de New York.
Ce soir c'est grande fiesta paella, nous allons rencontrer Carla, la copine de Jim, et quelques uns de ses amis. Je commence donc cette journée en enfilant le tablier du pâtissier et décide de confectionner des profiteroles ; les petits chous ça impressione toujours, surtout quand ils ne sont pas ratés ! Un peu sous pression donc, je mélange quatre recettes trouvées sur internet et j'empêche quiconque de s'approcher du four où ma pâte doit monter.
Tandis que je m'affaire à la crème pâtissière, Paul et Jim discute du programme du week-end en smarto-radio conférence avec Clara. Demain ce sera paddeling...une option plutôt sympathique !
Aujourd'hui, Clara travaille et Jim doit réparer son toit mais il nous concocte un programme magnifique ! Il nous propose de prendre ses vélos pour emprunter une partie des 600 miles du trail qui parcourt l'état de New York. Nous irons de Rochester à Pittsford, un petit bled le long du canal, apparemment très mignon ! Et là, très naturellement, en plus de ses vélos, Jim nous prête sa voiture, puisqu'elle possède les barres appropriées pour attacher les bicyclettes... Tant de générosité et de confiance ne laisse pas indifférent, c'est clair !
Vers midi, nous prenons donc le chemin de Rochester avec la voiture de Jim. Paul est au volant, évidemment, et retrouve les sensations d'une voiture manuelle, car Jim fait partie des 10 pour cent de la population qui a tourné le dos aux automatiques : il préfère pouvoir un peu jouer avec sa voiture !
Après quelques détours dans la ville, nous parquons la voiture, accrochons les roues avant, prenons le sens contraire de la ballade, regardons un plan : ça y est, nous sommes prêts !
Nous traversons d'abord un immense parc aux grandes étendues de gazon et aux arbres rougeoyants, le long de la Genesee river et du canal qui s’emberlificotent en croisements, embouchures, rétrécissements... Les ponts qui surplombent ce spectacle ne sont pas tendres avec nos cuisses mais nous offrent une vue imprenable ! Des badeaux se promènent, certains sportifs courent... mais question vélo, on a vraiment la paix !
La suite du programme, ce sont les joies habituelles des ballades à vélo l'automne le long d'un canal : les couleurs enflammées, l'eau paisible, l'effort très raisonnablement constant et modéré, les rêveries romantiques (de 1830 entendons-nous, il n'y a aucun cœur nulle part !) et un bon sandwich.

Après quelques miles nous découvrons Pittsford ; c'est donc ça un petit bled charmant?
Il faut dire qu'il a commencé à pleuvoir et nous n'avons le temps, avant de nous abriter pour une bière, que de nous amuser des sachets de nourriture pour canard à vendre et de deux gamines qui n'ont apparemment pas appris la différence entre les canards et les écureuils.
La bière, cette valeur sure...
La bière de Paul est bonne,
mon chocolat trop sucré (à mon corps défendant il pleuvait), la vue sympa, l'odeur... un peu comme chez ces mamies (qu'on aime tant) quand elles n'ont plus l'age de frotter leur maison et que la crasse devient odorante.
Nous y arriverons tous un jour, mais dans un restaurant c'est mieux d'éviter. Enfin moi je ne trouve pas ça spécialement charmant !
Le restaurant s'appelle "Aladdin" mais pas de caverne au trésor ! Par contre ils auraient dû frotter, et pas que la lampe ! Enfin, pas de caverne mais une taverne à bière... ce qui comble toujours Paul. C'est donc lui que nous avons pris en photo. Moi, plissant le nez devant une tasse collante, ça faisait moins rêver !
Après cette étape, but de notre ballade, nous nous rappelons que l'important c'est de participer !! Enfin... le chemin et non la destination... blabla !! Un peu de philosophie sous la pluie ! Le village de Pittsford ne nous a pas époustouflé, mais le chemin pour y aller était magnifique.
Il faut maintenant rebrousser chemin et retourner à la voiture. La pluie se fait plus pressante, nous pédalons de bonne humeur. Paul transforme nos capes en habitacle et de petites mares se forment entre nos bras et le guidon. Il n'y a vraiment plus personne sur le chemin. De plus en plus bucolique !
Arrivés au parc, après quelques détours pas tout à fait volontaires, nous retrouvons la voiture. Nous passons voir les chutes de Rochester (la ville s'est construite autour), mais le ciel gris et la pluie n'aident pas cette cité industrielle ! Nous retournons au chaud dans la voiture de Jim, direction Geneseo et la paella party !
Jim et Carla ont tout préparé. Dans de petits pots il y a des oignons émincés, des tomates coupées en dés, de l'ail écrasé, des crevettes épluchées, du bouillon de poisson cuisiné... Les amis commencent à affluer. Nous tartinons avec un mélange de jambon italien, d'oignons jeunes et de sour cream (les restes de nos courses mais le mélange rend étonnamment bien) les petits blinis que j'ai préparé avec le reste de la soupe à la citrouille. Ouf, un succès ; si les profiteroles sont ratées ce sera oublié !!
Jim fait rissoler tous ses ingrédients dans sa grande poêle espagnole tandis que nous essayons de comprendre ce que disent ses amis ! Les épouses sont bienveillantes et claires, les maris un peu plus inconscients et leur accent n'est pas facile à suivre ! Mais les plats défilent, l'alcool coule et la chaleur humaine fait le reste !
Jim sort à un moment du dîner une espèce d'instrument de musique népalais que tout le monde tente de faire sonner, résonner, fonctionner... Une araignée s'invite sur la table... Les vannes défilent et même si nous ne comprenons pas tout, c'est définitivement une grande soirée chez Jim. Et faut-il le spécifier... sa paella est délicieuse !