Après notre épisode alimentaire à Erié, nous reprenons la route vers Niagara Falls. Un peu fatigués par cette journée haute en couleurs, nous faisons un petite pause sur une aire d'autoroute américaine. Nous envisageons une petite sieste pour se préparer au froid de la nuit mais là, révélation : il y a un bureau d'office du tourisme. Vu qu'il est 20 heures passées, il est fermé depuis longtemps, mais qu'importe, un gentil monsieur qui s'occupe de l'entretien va nous chercher une super carte bien détaillée du terroir dans le tiroir (!). Requinqués par tant de gentillesse, nous décidons de nous dépêcher d'arriver aux chutes pour voir les éclairages nocturnes dont le capitaine d'Isa nous a parlé.
Incroyable, les chutes sont entourées d'un "écrin" de buildings d'autant plus visibles qu'ils sont éclairés dans le noir. Les "lumières" sont bien là : du rose, du bleu, du vert... Mais une fois un peu éloignés du centre névralgique, nous admirons les courants impétueux du Niagara.

À partir de la plateforme surplombant les chutes américaines, nous empruntons une petit chemin qui longe le Niagara. Quel débit, quel mouvement, quelle vitesse ! Le cours d'eau n'est pas très profond, les jeux d'eau, de pierre et de remous sont magnifiques.

Nous arrivons à un premier pont qui nous mène sur la petite Green Island puis un deuxième vers Goat Island, nommée de la sorte car le seul animal survivant à un hiver sur cette île fut une chèvre. Nous trouvons parfois des appelations un peu plus poétiques, comme par exemple Luna Island, appelée de la sorte car on pouvait voir des arcs-en-ciel de lune (appelés moonbows) à l'époque où il n'y avait pas encore tous ces énormes spots lumineux !
Maintenant on peut voir des Paul lumineux et faire une belle photo...

Nous admirons ces beautés mêlées, les éléments offerts à notre rêverie... mais quand même, à un moment, on a froid ! On va rechercher notre fidèle petite voiture qu'on a parquée dans une rue principale face à un pizza man. Pour le moment il y a encore beaucoup de monde dans la rue, mais dans une heure ou deux, les voitures auront déserté et il ne sera plus très discret de dormir là ! Nous partons donc en quête de l'endroit idéal, et décidons de jeter notre dévolu sur des quartiers résidentiels dans lesquels on ne devrait pas trop nous ennuyer !
Après un petit tour dans les faubourgs de Niagara Falls, nous jetons notre dévolu dans une rue calme et sombre. Calés entre deux voitures et le long d'une haie de sapin, la place semble idéale. Commence alors la grande gymnastique pour arranger notre habitat pour la nuit sans sortir de la voiture, et sans se faire trop remarquer ! Paul fait les sandwichs (délicieux !) et moi je tente d'attraper les sacs de couchage dans le coffre. Une voiture passe, on regarde. Une deuxième voiture arrive, elle se parque. Une troisième voiture vrombit, la deuxième repart, la musique à fond les ballons et des "djeun's" moyennement recommandables en sortant. Une quatrième. Une cinquième bien bruyante. La lumière de la rue s'allume pile en face de notre fenêtre. OK... on va changer de quartier !
Au hasard on sillonne les rues, on tombe sur des HLM peu engageants : encore un peu plus loin ! On finit par trouver l'endroit idéal, on est fatigué, on s'endort en deux minutes sous les flocons qui nous bercent. Et le lendemain matin...
Il semble que nous avons plutôt bien choisi notre quartier. Avons-nous donc des goûts de luxe ? Tout est coquet et propret. Et cerise sur le gâteau... il y a des décorations d'Halloween (et bien sûr des drapeaux américains !). Je demande donc à Paul de faire un petit tour de quartier pour réchauffer la voiture, évacuer toute la buée de la nuit, et admirer notre coin d'un soir.
À force de tournicoter dans le coin, on décide de retourner vers le centre ! Sur le chemin, on voit des panneaux pour un parc national. Il est 7h30 du matin : quelle bonne heure pour aller découvrir les beautés naturelles ! Nous allons prendre notre petit déjeuner avec les écureuils et puis longeons le Niagara, depuis la falaise puis le long de ses eaux furieuses.
Au centre du parc, le Niagara atteint le lit d'une ancienne rivière qui a été comblée de sédiments par un glacier.
Le fleuve a donc rapidement emprunté l'ancienne gorge,
... ou dans l'autre en fonction de la force du courant !
Source: http://nyfalls.com/niagara-falls/faq6/
plus facilement érodable que la pierre aux alentours, vers l'aval mais aussi un peu vers l'amont.
Résultat : une large ellipse où le Niagara tourne sur lui-même, formant un tourbillon qui a donné son nom au parc du Whirlpool.
Plus d'informations sur le site des chutes.
Un petit escalier nous permet de descendre au pied du fleuve et nous en profitons pour faire un peu d'escalade sur les gros rochers qui longent l'eau.
Ceux qui ont roulé jusqu'au milieu de la rivière nous offre un spectacle époustouflant de remous et de vagues. Le bruit de l'eau est assourdissant. Elle ricoche et gronde contre les pierres.
De nombreux pêcheurs sont déjà là, prévoyant un dimanche matin au grand air. Coté américain ou canadien, tout le monde est là pour profiter de ce matin d'automne.

Après cette magnifique première excursion, nous nous rappelons qu'il serait temps de prévenir Jim de notre heure d'arrivée, et de lui trouver un petit cadeau.
Nous partons en quête d'alcool et demandons au GPS ses bons conseils.
Il nous emmêne dans des endroits farfelus, après 4 détours et des routes non carrossables, Paul reprend les commandes!
Finalement nous atterrissons le long d'une route dans un de leur fameux liquory shops et trouvons notre bonheur parmi les rayons d'IPA et de délicieuses bières en tout genre.
Nous partons en quête d'un wifi, et atterrissons dans le "hard rock coffee" de Niagara Falls. Pensant avoir choisi la sécurité, nous nous retrouvons d'abord dans un magasin de T-shirt et babioles aux effigies de l'endroit, puis dans une pièce très sombre et très grande où un jeune gars chante faux. Comme tout le monde applaudit, on se sent obligé de faire pareil.
Une serveuse arrive à notre secours, nous dirige vers une autre pièce, éclairée mais sans fenêtre, où des américains en masse mangent des assiettes démesurément grandes et à l'air très peu engageantes. Notre serveuse, dans sa légèreté d'orang-outan, nous propose des menus structurés autour du gras et du sucre, et sans aucun prix devant les boissons.
La bière, cette valeur sûre ! Les sens un peu perturbés par tous ces évènements (la lumière blafarde et artificielle pour nos yeux, les odeurs de gras-chaud-épicé-sale pour notre odorat, la proximité des autres tables pour notre toucher, le clip de lady gaga pour notre ouïe) mon sens du goût, inconscient et inconséquent, commande à la serveuse un chocolat chaud. (Paul, évidemment, prend une bière, fallait-il le spécifier!) Et là, l'horreur, notre bull-serveuse nous dépose, fracassant, les verres sur la table, tout déborde et colle. Mmmm...
Évidemment, on aurait pu s'en douter au pays du coca-cola, le pourcentage de sucre dans la boisson (sensément constituée de lait et de cacao) est outrageusement élevé. Paul boira deux verres.
Mais... nous avons le wifi, Jim nous attend. Il ne reste plus qu'à payer. Et là, surprise et rayon de soleil dans cet enfer de l'eurêka, notre équipage polonais ! Ils sont là, attablés devant la scène. Ils sont venus faire un petit tour aux chutes en attendant qu'Isa ait fini son chargement à Cleveland (ce qui va être retardé par un match de foot si j'ai bien compris !). Après des bonjours et trois mots d'anglais, les au revoirs, et retour à la voiture.
Nous nous préparons alors de délicieux sandwichs qui nous font rapidement oublier l'épreuve du Hard rock café, et tandis que je m'offre une petite sieste dans la voiture, Paul va faire du repérage dans les alentours.
Nous voulons voir ce que donnent les chutes de jour, et ne sommes pas déçus.
En plus une très chouette exposition nous offre toutes les informations souhaitées. En quelques panneaux nous remontons 400 000 ans d'histoire. Pas facile de tout retenir en anglais !
Ce ne sont pas les moonbow, bien que nous soyons sur Luna Island, mais de jour les rainbow sont très amusants à observer !
Le temps est un peu changeant et il faut être aux aguets pour attraper le rayon de soleil. Faut-il avouer que nous préférons la lumière naturelle ?
Il est temps de partir vers Geneseo. Il est déjà 17 heures et nous voudrions faire la route de jour. Nous avons bien raison car la nature nous offre des paysages magnifiques, et les gens, des jardins plus qu'amusants à regarder avec tous les trucs qu'ils vendent devant.
Ensuite c'est l'arrivée à Geneseo, l'accueil de Jim, et enfin, un bon lit qui ne bouge pas, où personne ne parle pendant la nuit, qui n'est pas un fauteil de voiture !