
Matin du 16/06/2016, réveil dans notre office de tourisme de luxe de New Richmond. Poussée à l'intérieur du bâtiment par une envie très prosaïque, je me retrouve à discuter avec « madame tourisme » pendant que Paul profite du wifi pour skyper avec son papa. Nos conversations respectives sont bien intéressantes et sous les bons conseils de notre hôte, nous changeons le programme et décidons qu'il est nécessaire de passer un peu plus de temps dans la région. Nous allons gravir le mont Saint Joseph et découvrir les fossiles de Miguasha.
Je prépare rapidement des sandwichs aux knackies restantes pendant que Paul continue à profiter de son lien avec le monde extérieur pour mettre en ligne le site d'un de ses amis (Éric, qui se rend alors compte de « à quel point nous ne sommes nulle part »).
Nous prenons finalement la route jusqu’au mont Saint-Joseph et après un petit détour, la camionnette gravit courageusement la pente. On parque la voiture, c'est parti pour l'ascension vers le sommet.
Des étapes intermédiaires nous offrent des vues splendides sur la magnifique nature. Nous éprouvons simultanément notre amour des grands espaces et notre misanthropie latente. Des abrutis qui donnent plus envie de faire partie du règne des fourmis que de l'homo sapiens ont conçu le beau projet d'allumer un feu sur la plateforme du point de vue… en bois !

ABSTRACTION, nous faisons abstraction, mais après avoir pesté un bon bout de temps contre ces ramollis costauds des neurones. Soit, nous continuons notre ascension, et découvrons un point de vue encore plus impressionnant que le précédent. Vue sur toute la vallée et sur… l'océan.
De notre point de vue nous voyons aussi le fameux oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint-Joseph. Une grande croix près de laquelle s'époumonent une bande de touristes qui n'annoncent rien de bon. Nous redescendons !

De toutes façons il est temps de partir vers Miguasha. Nous connaissant, il va nous falloir un peu de temps pour admirer l'exposition de ce centre de fossiles du Dévonien. C'est qu'il a été classé à l'UNESCO, et d'habitude, c'est un gage de qualité !
Nous nous dirigeons vers les nuages, mais aujourd'hui, qu'importe, nous comptons faire les rats de musée !
Bientôt un panneau, un parking, un bâtiment… nous y sommes !
De midi à 17h00, le Centre de Miguasha va nous enchanter. Nous allons avoir la chance d'avoir une guide rien que pour nous ! Une dame super qui paraît assez contente de nous montrer le centre, car au lieu de l'heure de visite prévue, elle en reste trois avec nous. Nous pouvons lui poser toutes les petites et grandes questions qui nous viennent. De sa visite traditionnelle comportant dans chaque phrase : le plus ceci, le plus cela… elle se rend compte qu'elle peut un peu dévier, laisser les évocations aux « plus » quelque chose de côté, et nous emmener dans le monde fou de Miguasha il y a 400 millions d'années, époque où l'actuel Québec se trouvait sous l’équateur. On imagine donc que le contexte était légèrement différent. Dans cette grande mer et ce climat chaud se sont développés nombres de poissons… qui ont eu l'idée étrange d'aller se balader sur la terre ferme ! La preuve est là : leurs impressionnants fossiles. Il y en a même un qui montre encore ce que le poisson avait mangé… et un autre où on voit la trace des vaisseaux sanguins et des nerfs… OUI !
Après le musée c'est la plage, et nous découvrons la falaise où tous ces fossiles passionnants sont retrouvés tous les jours. Notre guide continue de nous enchanter avec ses histoires et ses explications. « Regardez-ce petit bout de roche sédimentaire, ce sont 4 jours de marée… il y a 400 000 000 ans. »
Notre merveilleuse guide nous laisse finalement sur la plage, nous n'en avons pas fini de nous remplir les yeux de ces images mêlées du présent et du passé. Nous la remercierons encore une fois remontés… au gift shop !!!
La tête encore pleine de toutes ces merveiles que nous venons de découvrir, nous reprenons la route vers notre destination du soir : Bathurst. Nous longeons l’eau grâce à une superbe route qui fait le tour de la baie des Chaleurs. L'endroit est paradisiaque. Le beau temps est même de la partie ! Les vues sont imprenables, les maisons typiques, et au détour du chemin, nous revoyons même notre plage de Miguasha !
Il est déjà tard lorsque nous arrivons à Bathurst et ses trois ponts. Nous nous parquons devant l'office du tourisme, selon notre habitude, et pendant que je fais des photos de l'incroyable coucher de soleil qui se déroule sous mes yeux, Paul discute avec une énorme madame aide-soignante qui est venue acheter une glace qui est dégustée de la plus dégoûtante des manières.
Cette dame, obèse comme on peut le devenir et bavarde comme on peut l'imaginer, est pourtant sympathique. Je viens porter secours à Paul, après de longues hésitations, et reprend le flambeau des acquiescements et des questions polies. Nous sommes quand même heureux d'apprendre qu'elle aime beaucoup son métier, et même si toutes les petites anecdotes sur la façon dont elle calme les personnes âgées ne nous passionnent pas toujours, il fait nuit noire depuis au moins une heure quand nous parvenons finalement à nous dépêtrer de la conversation.

Je prépare rapidement une salade de cœurs de palmier, avocat, thon et pamplemousse que nous mangeons sous le kiosque de la place principale, dans le noir.
Dans le noir encore, nous faisons le tour de Bathurst pour trouver où bivouaquer ! Pas si simple ! Il n'y a pas de parking le long du parc, devant les maisons aucune place pour laisser la voiture… On se parque finalement en face de la piscine publique, dans le parking des étudiants de l’école !
Bonne nuit !