Après une journée de travail à regarder tomber la pluie, Paul vient me chercher au boulot, rue Laurier ! Plus humide qu'un chien mouillé qui aurait passé trois semaines dans les Fagnes en novembre, Paul me donne peur pour mon beau manteau de plumes : c'est qu'il est fait pour les grands froids, pas pour les grandes eaux ! Ne voulant par rejouer l'arche de Noé version oies mouillées, je décide d'emprunter un sac poubelle aux Saveurs et m'enrubanne dans mon plastique noir de la façon la plus élégante possible… version cape ! Ha, les polymères !
Un tour de clé et dix vérifications plus tard, nous nous dirigeons alors ensemble vers le métro Laurier, direction la maison.
Mais là, contrairement à mes attentes, plus basses que le niveau de la mer, je découvre un spectacle magnifique : la rue est splendide, les arbres du parc sont à tomber ! Les gouttes d'eau tombées si abondamment du ciel montréalais se sont glacées le long des branches et des troncs, explicitant à jamais l'expression restée jusque là énigmatique du « glaçage » d'un gâteau ! De fait, on dirait que les arbres ont été couverts d'une fine couche de sucre brillant… Quelle beauté !
Tant pis pour les plumes : ne résistant pas à l'envie d'immortaliser ce phénomène ravissant, je sors mon appareil photo et me préoccupe plus de la mise au point que du sac poubelle qui protégeait ma belle veste.
Les clichés pris, me résignant à ne pouvoir faire mieux, nous sautons dans notre métro. Paul pense intéressant de se rappeler ma tête de chat mouillé.
Le lendemain, c'est la patinoire ! On pouvait s'y attendre… Le trottoir est tellement glissant qu'il est fermé, et même le parc n'est pas une valeur sure… Il faut regarder où l'on pose les pieds, serrer ses abdos, descendre le point de gravité et… marcher comme un canard !
