Samedi 28 mai, premier réveil de ce côté de l'océan pour les voyageurs, ce qui se fait assez facilement !
Les hommes vont chercher la voiture de location dans notre petite entreprise familiale habituelle, pendant que les femmes préparent le petit déjeuner.
Le programme est chargé ! Pour le premier aperçu du Canada : la nature au sud de la ville de Montréal, la Montérégie.
La Montérégie, ce sont 7 collines de magma, infiltré il y a 124 millions d'années (le Crétacé !) à travers des fissures dans le calcaire de la grande plaine montréalaise, parce que oui, Montréal, c'est plat plat plat… mis à part ces quelques buttes !
Ce sont même des roches intrusives, également appelées plutoniques. Oui, oui, vous avez bien reconnu le nom de Pluton, dieu des enfers. C'est que le magma de ces roches s'est refroidi très lentement — des dizaines de milliers d'années ! — en profondeur, dans la croûte terrestre… chez Pluton ! Mais comment se fait-il que malgré le contact avec les roches plus froides qu'elle a traversées, la lave se soit solidifiée si lentement ?
Grâce à sa rapidité de déplacement ! La vitesse de mise en place peut atteindre un mètre par seconde ! Dans un dyke de 2 m de large, avec un magma avançant à 1 m/s, la température ne chute que de 20 °C en 10 km. Ensuite, reste un sacré travail d'érosion pour découvrir ces dykes…
Nous gravissons donc l'une de ces montagnes montérégiennes, le Mont Saint-Grégoire. Non pas la plus haute ou la plus périlleuse, mais celle qui a la meilleure vue sur toutes les autres et sur l'ensemble de la vallée.
Le sommet du Mont Saint-Grégoire s'élève à 251 mètres et dépasse ceux du Mont-Royal et du mont Saint-Bruno. Le Mont Saint-Grégoire est constitué d'une intrusion presque parfaitement cylindrique de 680 m de diamètre. Au pourtour de l'intrusion, on observe la « ceinture de cornéennes », roches métamorphiques issues de la « cuisson » des schistes argileux lors de la mise en place de l'intrusion. Il va sans dire qu'avec un dénivelé de 200 mètres sur une si petite superficie, la topographie du Mont Saint-Grégoire est fortement accentuée !

Aujourd'hui encore il fait une chaleur de plomb. Plus nous montons, plus les couches vestimentaires tombent !
Début de l'ascension, ce sont les vieilles machines de la carrière et les panneaux explicatifs.
Le granit du Mont Saint-Grégoire a été utilisée pendant la majorité du XXe siècle comme pierre à monument, pierre de construction, pour la production de pavés et de pierres tombales. La qualité du granit et son potentiel de gravure ont semblé suffisantes pour détruire ce coin de biodiversité.
Début des années 1970, le site a finalement été protégé !
Démonter bout par bout une des huit petites buttes qu'on a dans sa grande plaine toute plate, tout ça pour faire des pierres tombales… moi je dis : une croix en bois me suffit !
Dans ces vieux blocs de roche abandonnés, les oiseaux sont venus nicher ! Le CIME (Centre d'interprétation du milieu écologique) du Haut-Richelieu tente de les protéger ! Nous cherchons les urubus à tête rouge et voyons des faucons pélerins.

Il y a aussi de nombreux points de vue sur la plaine du Richelieu, et puis l'ascension dans la forêt, sportive par cette chaleur et vue la pente !
Arrivés au sommet, de drôles de copines nous attendent dans leur grand nid !
Ici c'est toujours le printemps, mais on peut supposer sans trop se tromper qu'en été il y aura pas mal de papillons dans le coin.
Les cocons bougent et on voit les chenilles s'activer et ramper dans leur filet !
Et… le panorama ! Il y a de la brume et des nuages et, malheureusement, nous apercevons à peine le lac Champlain et les Adirondacks, mais… Montréal est là ! La ville entoure le Mont Royal, lui aussi faisant partie des fameuses Montérégiennes. Nous pouvons aussi observer le Mont Saint-Bruno, le Mont Saint-Hilaire, ainsi que les monts Rougemont, Yamaska, Shefford et Brome…
En effet, toutes ces autres collines sont plus ou moins alignées sur une demi-ellipse autour Mont Saint-Grégoire : c'est donc d'ici qu'on a la meilleure vue !

Un sandwich, une photo, quelques calculs de distances… et c'est parti pour la descente ! Nous traversons une chênaie boréale mais regardons surtout où il faut poser ses pieds !
Au bas de la montagne nous profitons du wifi du chalet d'accueil pour appeler la Belgique, là où une petite fille fête ses deux ans déjà ; joyeux anniversaire Elsa ! Tout le monde va bien, la fête se finit en Belgique, et nous nous redescendons vers Saint Jean sur Richelieu pour aller déguster une petite bière dans notre brasserie fétiche : Lagabière.
Ensuite c'est la visite de la ville, la promenade le long du canal, le canal de Chambly, qui longe la rivière Richelieu. Il relie le lac Champlain au Bassin de Chambly.
Long de près de 20 kilomètres et comportant neuf écluses, le canal joua un rôle important pour le transport du bois vers les États-Unis au XIXe siècle.
Petite marche au soleil et découverte des « oiseaux belges », ceux dont les épaulettes rappellent les couleurs nationales !

Retour au parking, situé devant une gare historique devenu centre touristique. On survole un peu la ville… Mais la fatigue se fait sentir, il est temps de rentrer souper chez nous !