27 mai, le grand jour est enfin arrivé, après 65 ans sur le continent européen, ma mère va mettre les pieds en Amérique ! Son mari n'a pas eu le choix de la destination, mais des dates, et en cette fin de mois de mai, le thermomètre grimpe à Montréal : 30 degrés. Une journée chaude pour accueillir les belges !
Je monte dans le métro, prends le bus, change de bus, tout en ayant demandé trois fois au chauffeur si je suis bien dans la bonne direction et si je vais bien arriver à l'aéroport Trudeau ! Comme d'habitude, la gentillesse québécoise m'entoure et je me retrouve à bon port bien à l'avance. Comme toutes les bonnes choses, l'arrivée de mes parents se fait un peu attendre. J'observe, depuis ma ligne d'attente, les retrouvailles amoureuses, familiales, les premières rencontres à écriteau, les chauffeurs venus attendre un costume tiré à quatre épingles malgré les heures de vol…
Tout ce monde se succède, et si ce n'était l'impatience de revoir mes parents, je me souviendrais de plus de personnes que cette petite fille haute comme trois pommes qui, à la vue de sa « mamie », a couru droit sur elle ne remarquant pas qu'elle franchissait allègrement les rubans de démarcation, plus hauts qu'elle. Si ce n'était sa grand-mère, plus rien n'existait, et comment lui justifier la présence des barrières ?
Beaucoup de gens se retrouvent, moi j'attends toujours et je prépare mon appareil photo pour immortaliser l'arrivée tant attendue. Je vois alors une démarche que je reconnais, une valise qui a déjà beaucoup voyagé, des petits cheveux courts un peu rebelles… ils sont là ! Mon père, élégant et impeccable comme s'il venait de sortir de chez lui, ma mère, svelte et dans le vent avec sa super valise high tech. Je fais des signes, je capte leur regard et évidemment, j'oublie complètement de faire une photo ! Les grands moments d'émotion n'ont finalement pas besoin de cliché, on s'en souvient très bien comme ça !
Le périple commence alors vers le premier Air BNB, chez notre hôte César qui nous loue sa maison près du pont Jacques Cartier et du métro Papineau. C'est une petite maison à deux étages, derrière un jardin dans une court intérieure : la campagne à Montréal. Pour y arriver, j'entraine mes parents dans un périple de deux bus et un métro, mais nous évitons le shuttle à touristes, qui, à part couter 3 fois plus cher, ne fait gagner que 5 minutes sur le trajet !
Il fait vraiment chaud, il y a les valises, il y a un peu de monde… l'aventure commence déjà ! Je retrouve les mêmes conducteurs qu'à l'aller, qui ne m'ont pas oubliée, moi et mes questions, ils me rassurent dans l'autre sens ; oui c'est la bonne direction !
Après une heure de transport nous arrivons à Papineau, rue Sainte Catherine, rue Champlain, et nous voici à pousser la grille en fer forgé de notre logement de 5 jours. C'est un mélange un peu étrange de beaucoup de choses, mais il y a un beau plancher et un piano !
Il est temps de prendre connaissance des lieux mais rapidement l'envie de découvrir se réveille…. Et le besoin de marcher pour ne pas dormir ! Ca fait déjà quinze heures que les aventuriers belges sont debout !
Nous nous dirigeons donc à pied vers le parc Lafontaine : par cette chaleur, la fraicheur des arbres ne sera pas de refus. Le ciel menaçant et les chaleurs d'orage ont un peu dissuadé les nombreux montréalais qui l'assiègent d'habitude, et une drache à mi-parcours leur donne raison. Qu'importe, nous avons parcouru le parc, quelques rues du Plateau, les maisons à escaliers n'ont déjà plus de secret pour mes parents ; nous pouvons rentrer en paix !
Premier souper chez les artistes : dégusté à 1 heure du matin pour l'autre côté de l'océan. Ca y est, pari tenu, il est 20h00 : après une journée de 20h00, c'est le repos des aventuriers !