Le jardin botanique, c'est notre deuxième maison. Enfin, l'extension de l'appartement. À moins de 15 minutes à pied du balcon (en marchant vite), on s'y rend en toutes saisons, en toutes occasions et sous n'importe quelle prévision ! Ronron !
Le jardin botanique, c'est l'argument choc qui nous a fait choisir le quartier d'Hochelaga, c'est le petit plus qui ensoleille nos week-ends, c'est le repère pour le repos du guerrier. Le guerrier c'est Paul, il marche à travers les bouleaux de l'arboretum, se dirigeant d'un pas décidé vers la tour de Montréal.

Le jardin botanique, c'est aussi le wifi de sauvetage quand les gars du coin nous jouent des tours à Noël et veulent nous empêcher de skyper avec ceux qu'on aime ! Depuis le parc du jardin de Chine, tout est possible. Quelques passants sont juste étonnés de voir des étrangers à l'accent pincé crier et s'extasier au milieu des étangs.
Ne ferais-tu pas là un peu de christinomorphisme ?
Et puis c'est aussi l'endroit de Montréal où la neige persiste le plus longtemps et scintille de blancheur avec le plus d'aplomb (certainement parce qu'elle y est la plus heureuse !).
Quand le soleil se dirige vers l'horizon, ses rayons caressent une dernière fois tout ce que nous aimons admirer et attisent en nous la vaine envie que le temps, pour un temps, prenne son temps !
Le ciel s'offre à nous dans toute sa grandeur et écrase par sa profondeur les derniers bruits de moteurs qui se faufileraient jusqu'à nous.

Il nous permet aussi de superposer les voyages, de nous télé-transporter depuis le Canada jusqu'en Chine, au Japon ou dans nos Alpes.
Dans le jardin de Chine, c'est pagodes, yin et yang, pierres et eau.
Au Japon, c'est pavillons, cascades, ou quand l'hiver fond, gouttes d'eau sur neige fondue…
Dans son pavillon, Paul admire la physique mystérieuse du monde du dégel. Rythmée par une logique qui leur est propre, enfin c'est la version poétique, les gouttes d'eau créent un roman épique de leur envol du toit à leur arrivée dans la rigole.
Dans les rocailles, les mousses abondent, mais face à la neige, les arbres capitulent. Que retrouverons-nous quand ce blanc manteau aura disparu?
C'est peu dire que nous attendons le printemps impatiemment !