« L'homme doit manger pour vivre et non vivre pour manger. » « Carpe dulcem cibum cum dulce amico… aliquando ! »

Et pour mettre quelqu'un d'autorité de mon côté, même si nous savons tous que l'Avare n'est pas de Corneille mais de Molière :

« J’ai vingt-six ans mon vieux Corneille et je t’emmerde en attendant » Nous savons aussi que nous n'avons plus vingt-six ans !

Depuis deux mois où chaque dollar dépensé était minutieusement calculé, pesé et versé cérémonieusement, les restaurants étaient proscrits ! Nous préparions des sandwichs à la maison s'il fallait manger dehors, et attendions avec impatience de trouver du boulot pour nous permettre à nouveau d'aller découvrir les mets préparés par une tierce personne !

Doublement prête à faire la fête Paul ayant signé ses papiers et moi, en ce jeudi 28 janvier, jour d'essai aux Saveurs du Plateau, étant retenue et conviée à venir travailler dès le lendemain à la pâtisserie, nous avons décidé d'aller fêter ça !

Évidemment, après quelques secondes de réflexion, nous décidions d'aller souper chez un japonais ! Nos colocataires nous en avait vivement conseillé un à seulement 10 minutes de marche de l'appart… à l'attaque !

Dans l'entrée, un cheval de carousel élançait ses pattes en avant et un petit comptoir zen nous rappelait que nous étions bien dans un restaurant japonais… Un restaurant japonais, oui, mais « fusion. »

Tout excités par nos nouveaux jobs et par la promesse du plaisir imminent dû aux endorphines de poisson cru et sauce soja, nous attaquions la lecture du menu : « blabla, blabla, blabla, mayonnaise », « Bla, bli, blu, mayonnaise », « Blo, bli, bla, mayonnaise », « bla, mangue, blu, piment ». Crisse… où étions-nous ?!

Dépités, nous nous rabattons sur une soupe miso, uns salade wakame, des makis pas trop extravagants, et pour oublier cette déception, je commande un cocktail (maintenant que je suis une experte à 98 pour cent) et Paul une bière japonaise.

Le serveur, après un certain temps, nous amène nos boissons et là, révélation : un délice ! J'ai pris un mélange de sake et de liqueur de litchi, un ravissement !

Mais pourquoi y a-t-il donc toute cette mayonnaise et ces piments dans le menu ?

Et bien… parce que c'est bon ! C'est délicieux ! Et vraiment bien mesuré !

La petite sauce de Paul se marie avec tous nos makis, et il faut avouer que la présentation est vraiment magnifique !

Cette idée de faire ressortir en sculpture les différents ingrédients est tout à fait artistique. L'anguille grillée, la mangue…

Paul, lui, a pris un rouleau de printemps revisité. C'est, après une fugace ondée qui a laissé l'air pur et frais, une journée ensoleillée sous les cerisiers en fleur, dans notre bouche !

Mon dieu, écrire cet article me donne envie d'y retourner ce soir !

Crème brûlée à l'avocat Maki pomme érable pécan

Nous sommes tellement impressionnés par la créativité des chefs que nous décidons de prendre trois desserts.

Entre les makis pomme-érable-pécan, la glace au thé vert et la crème brûlée à l'avocat, le choix est cornélien, pour en revenir à lui.

Nous décidons une nouvelle fois de nous rappeler Brassens…

Un repas digne de ce que nous fêtions : après deux mois de galère, enfin, des jobs ! Après toutes ces découvertes gustatives, on ne nous y reprendra plus à juger d'avance en lisant les ingrédients. Et… nous reviendrons !

Les saveurs du plateau Jardin botanique