La nuit chez madame "Poupée" s'étant finalement bien passée, nous nous réveillons prêts pour de nouvelles aventures. Les sièges auto n'étant pas les lits les plus confortables que nous ayons connus, à 6h30 se dégourdir les jambes semble tout indiqué ! Nous reprenons la route avec Paul et décidons de nous diriger directement vers le début de la randonnée conseillée par Jim : "Blue Mountain".
Un petit parking nous permet de déposer la voiture et un grand écriteau nous met en garde contre la "randonnée à l'arrache" : il faut toujours avoir une carte, une boussole, de l'eau, de la nourriture, des vêtements chauds, un sifflet, une lampe... etc. etc. ! Apparemment, des gens se perdent dans les montagnes assez fréquemment, c'est en tout cas ce dont le panneau veut nous persuader.
Paul a le GPS, ouf ! Il faut en plus avouer qu'il n'y a pas tant de kilomètres à gravir avant le sommet ! Nous inscrivons nos noms sur le registre et entrons dans la forêt dans ses humeurs matinales.
C'est vivifiant ! Nous montons, montons, montons toujours. Le sommet se mérite ! Il faut gravir de gros rochers entre des forêts bien compactes de conifères. Pendant plus de deux heures nous n'allons que prendre de l'altitude. Nous nous rappelons de quelques ballades avec la famille de Paul dans les Pyrénées...
Le paysage reste assez uniforme. La première partie de la ballade propose de longs troncs d'arbre pour passer les nombreux petits ruisseaux qui détrempent le sol un peu partout. Arrivés un peu plus haut, ce sont d'énormes pierres qui déterminent notre ascension. La température commence à baisser, j'aperçois même les premiers flocons de neige...
Arrivés au sommet, les conifères nous accueillent encore mais laissent les derniers quelques mètres d'altitude aux seuls rochers. Ils ne sont cependant pas assez élevés pour nous permettre d'admirer la vue et nous devons entreprendre l'ascension d'un mirador de compète en métal pour pouvoir admirer les Adirondacks et ses lacs.
Il fait caillant et le vent se déchaine mais la vue est époustouflante.

Il fait si froid là-haut que nous décidons à regret de redescendre. Ce qui nous attend n'a rien d'amusant, le chemin inverses, de grosses pierres plates qui descendent à pic ! Heureusement la vue était magnifique !
Ho non; pas la pluie... Nous commençons à dégringoler la montagne, une petite pluie fine se met à tomber.
Comme d'habitude, j'imagine le pire : les pierres sont gelées, l'eau va se transformer en glace, nous allons glisser et... Et non, les quelques gouttes ne se transforment pas en eau abondante, les pierres ne glissent pas et nous pouvons même de temps en temps trouver de petits chemins entre les sapins.
Nous rencontrons alors les premiers randonneurs de la journée, ceux qui se sont levé de bon matin mais avaient des lits plus confortables que les nôtres ! Des américains, des canadiens... cette fois la pluie se met vraiment à tomber, mais nous sommes déjà presque arrivés à la voiture ! Nous nous félicitons d'avoir commencé la ballade si tôt et nous réfugions au chaud dans notre fidèle automobile !
Il n'est pas encore midi, et la pluie ne s'arrêtera pas de la journée. C'est donc sous l'eau que nous quittons Blue Mountain Lake, sous l'eau que nous traversons l'autre moitié des Adirondacks, sous l'eau que nous entrons dans le Vermont, et sous l'eau que nous arrivons à Montpelier chez Andy et Carolyn, les gentils couchsurfeurs qui nous hébergent pour la nuit.