Réveil parfait sur notre parfait camping. Apparemment nous n'avons pas ennuyé nos voisins, qui ne sont pas venus nous ennuyer non plus !

Miam ! Nous nous mettons en quête d'un petit coin sympa pour préparer le petit-déj/lunch/déjeuner et faisons la connais­sance d'un couple de québécois retraités en vadrouille. Une fois de plus, c'est le réchaud qui les a fait craquer… ou cette fois, peut-être, la plaque canadienne.

Ce sont de purs, vrais québécois, et nous sommes charmés d'entendre cet accent qui nous est devenu familier !

L'endroit est agréable et le soleil brille… nous prenons notre temps !

Quatre heures, il est un peu tard mais nous arrivons finalement au lac Moraine (après avoir passé une indication « route barrée » alors qu'elle ne l'était pas du tout : un ranger laisse entrer une voiture pour une qui sort ; les panneaux cherchent à nous décourager !), et trouvons miraculeusement une place dans le petit parking bondé. Il faut dire que c'est tellement l'abus, que sur un kilomètre on a vu des gens parqués sur la route… Mais genre, pas sur l'accotement… SUR notre bande ! Pas très secure tout ça. Enfin bon, nous, on a une vraie place ! Youpieeee !!!

On sort de la voiture et là, paf, juste devant nous, un petit lac d'un bleu, mais d'un bleu… un bleu qui fait oublier tous les touristes entassés autour !

Attention ! Nous nous dirigeons vers le plan des randon­nées, et en choisis­sons une qui a l'air parfaite : une gros­se montée et puis une traversée de vallée… Mmmmm ! Nous nous diri­geons donc vers le sentier et là, surprise, un gros panneau qui nous ordonne de randonner par groupes de quatre au minimum ! À quatre ? Mais nous ne sommes que deux… Qu'est-ce que c'est que ces bêtises ?!

C'est que des grizzlis ont été repérés dans le coin, et les canadiens ont donc décidé que ce chemin (hyper fréquenté) n'était accessible qu'aux groupes de quatre minimum, sous peine d'une amende de 5000 dollars. Oui, oui, 5000 dollars. N'importe quoi !

Nous n'aurions pas pris cette menace bien au sérieux sans l'avertissement de la petite policière le jour précédent. Mais là, un peu refroidis, nous décidons d'analyser un peu la situation !

Premièrement : les ours. Bon, ça c'est de la grosse blague : on a fait plein de parcs aux USA, et si on respecte les règles de sécurité et de logique, on ne devrait avoir aucun problème ! En plus on a du bear spray

Merveilleux lichen Deuxièmement, on voit pas mal de gens resdescendre en groupes de moins de quatre. Je décide donc de les accoster et de leur demander ce qu'ils pensent de ces menaces. Toujours la même rengaine : « Nous avions un groupe de cinq personnes en montant, mais trois sont redescendus plus vite et nous ont semé sur le retour… » Nous prennent-ils pour des rangers en civil ?!!

Apparemment, les rangers ne rigolent pas tant que ça avec ces fameuses menaces. Nous décidons donc de continuer à attendre de voir d'autres randonneurs se diriger vers notre randonnée pour s'agglomérer au groupe !

Les minutes passent, les randonneurs n'arrivent pas ! Nous sortons donc le paquet de biscuits, et de temps en temps, à tout hasard, je hèle des touristes qui se contentent de faire le tour du lac en contrebas, leur proposant une randonnée exceptionnelle avec nous…

Mais bon, rien n'y fait ! Les gens ont parqué leur voiture à cent mètres du lac, ce n'est pas pour aller faire une rando de dix kilomètres et BEAUCOUP de dénivelé…

Nous commençons à désespérer costaud lorsqu'une randonneuse s'avance. Elle regarde à peine les panneaux et semble continuer sa route. Nous l'arrêtons donc, et lui demandons si elle compte vraiment faire la rando toute seule malgré les menaces d'amende ! C'est alors qu'elle s'intéresse un peu plus au carton qui barre le chemin, et nous commençons à discuter. Tiens, c'est une française de Franche-Comté qui habite en Ontario depuis plus de dix ans maintenant…

Mais nous ne sommes toujours que trois… Ça ne la tracasse pas beaucoup, et nous décidons de la suivre. Trois, c'est plus proche de quatre que deux, et on pourra utiliser l'excuse du reste du groupe qui nous a semés.

Mais sur ces entrefaites, une jeune fille et ses parents se profilent dans le chemin. Eux non-plus ne regardent pas les panneaux. Nous les attrapons donc au vol, leur annonçons la couleur, et c'est parti pour une belle rando à six, dans les règles du parc.

La famille canadienne Nos compagnons de route ne veulent faire que la moitié de la rando que nous avons plannifiée, mais bon, c'est la vie !

Ce sont des canadiens bien sympathiques, et leur fille étudie la médecine en Angleterre. Notre petit groupe gravit la montagne à son rythme… et vu qu'il n'est pas très soutenu, nous avons le temps de faire la conversation !

Moi, je discute pas mal avec Delphine tandis que Paul découvre la famille canadienne. Et puis à chaque pause, ça tourne, et nous finissons par pas mal nous connaître !

Le petit sentier qui grimpe dans la montagne chevelue est ravissant. Ensuite ce sont les larches, des mélèzes, tout jaunes. Nous apprenons que cette vallée est nommée d'après ces arbres, et que c'est justement maintenant qu'ils montrent leurs belles couleurs, pour seulement une paire de semaines. Et puis finalement, le cirque, immense, majestueux, avec une vue magnifique sur les dix pics enneigés des Wenkchemna…

Il est déjà six heures, et nos compagnons de route décident de redescendre, maintenant que le soleil s'est couché derrière les montagnes. Mais j'ai remarqué un petit sentier qui semble se diriger vers le sommet… en tout cas jusqu'au col. Il m'appelle !

Je discute avec d'autres randonneurs qui en viennent, et qui, évidemment, nous le conseillent ! Nous décidons donc de nous séparer de Delphine et de la famille canadienne, et de partir rapidement sur cette grimpette de montagne, avant que la nuit ne nous surprenne !

La vue est incroyable, le chemin zigzague à souhait et serpente parmis les rocs et les végétaux. C'est splendide et la montagne est à nous. Plus personne dans les parages. S'il n'y avait les grizzlis qui, soi-disant, nous attendent dans la descente, ce moment serait parfait !

Il nous faut une demi-heure d'élévation soutenue pour arriver au sommet. De l'autre côté, une montagne en cache une autre ! Pas de vue interminable sur un champ de pics ou un autre cirque, mais une autre montagne… cependant, jolie vue !

Le plus joli, ce sont les dix pics que nous voyions déjà auparavant. Depuis ce point surélevé, c'est encore plus incroyable.

Mais bon, il faut encore redescendre ! Moi qui galope sur la crête, Paul me rappelle à l'ordre. Allez…. Hop hop hop, on descend ! C'est impressionnant !

Arrivés dans la vallée boisée, je crie et chante à tue-tête, pour écarter les ours, au grand désespoir de Paul ! Heureusement pour lui, et pour moi, nous retrouvons bientôt un groupe de jeunes qui redescendent eux aussi la montagne. Nous nous joignons donc à eux et faisons la connaissance d'un convivial couple d'irlandais, et surtout d'une autre ontarienne vraiment sympathique ! C'est donc bien amusant de redescendre en discutant avec eux, tout en ne craignant plus ni les grizzlis, ni les rangers !

De retour au lac Moraine, il fait déjà presque nuit. Le lac est pour nous, les touristes sont partis… Mais le jour aussi ! Nous discutons encore un peu et puis le froid nous fait retourner à notre cher Moose. Direction le centre de Lac Louise pour attrapper un peu de Wi-Fi, puis nous cherchons un endroit où il n'est pas écrit « no parking between 11pm and 6am ». C'est toujours mieux pour dormir en paix !

Ce sera un parking en face d'un restaurant, le long d'une rivière, que nous avions repéré plus tôt comme choix potentiel. Ce n'est pas le parking du restaurant, vu qu'il y a un départ de randonnée. Et enfin, nous nous laissons sombrer dans le sommeil du juste !

Banff Pacifique