Bonjour, bonjour, le soleil est là, la chaleur aussi ! Paul ouvre les portes arrières du camion et un brin d'air frais nous arrive. Mmmm… la journée commence !

Maquette de la formation des stacks Merci petit parking du musée, nous avons bien dormi et personne ne nous a ennuyé. Nous quittons le village d'Hopewell et nous dirigeons vers le grand parking du site des rochers. Tout est aménagé avec soin, nous profitons des tables à pique-nique pour préparer notre petit déjeuner. Un Earl Grey, du porridge aux pêches, canneberge et lait de chèvre, quelques cookies aux pépites de chocolat… Nous sommes repus ! Tant mieux, il est 11h00 et la plage (le fond de l'océan comme ils aiment l'appeler) est découverte. La marée basse sera à 13h15, nous avons tout le temps de découvrir ce site étonnant !

Nous ne sommes pas les seuls à vouloir profiter de ce bel endroit : les touristes s'agglutinent et s'arrêtent un peu partout, mille photos, mille poses, mille selfies plus tard, nous avançons parmi les embouteillages sur la plage ! Étonnamment, dans le centre d'interprétation où une jolie exposition nous explique le phénomène de marée dans la baie de Fundy, il n'y avait pas autant de monde ! À tort, car c'est là que nous avons appris que si la marée atteint 16 mètres de hauteur, c'est non seulement parce que la baie a une forme d'entonnoir, mais aussi parce qu'il y a un effet de résonnance avec l'océan Atlantique : la fréquence des marées et la taille de la baie par rapport à celle de l'océan amplifient le mouvement de l'eau, d'où le surnom de grande baignoire de l'Atlantique… Vous avez déjà tous expérimenté les vagues exponentielles dans votre bain ! On apprend même que, comme la vitesse de rotation de la Terre sur elle-même ralentit, ce phénomène disparaîtra dans un futur proche, à l'échelle géologique.

Soit, le cadre est enchanteur, et nous comprenons, sentons, voyons, expérimentons… ce que c'est du vrai bon gros limon !

Pas étonnant que la vie y apparaisse luxuriante : dans chaque 50 cm2 se cachent des milliers de crevettes fouisseuses et de plancton, qui remontent avec la marée et ses courants froids, pour nourrir les nombreux poissons et oiseaux de la baie.

Les humains sont assez amusants à observer aussi, quand ils ne sont pas trop insupportables ! Il y a un pannel tellement hétéroclite : des sportifs hyper équipés aux obèses en tongs, des puritains candides vêtus de longues robes impeccables et couvre-chefs de dentelles, aux familles micmac qui escaladent tout et se couvrent de limon de la tête aux pieds.

Je sais évidemment assez rapidement vers quel clan se porterait mon inclination… Somme toute, la mer est là pour se laver après !

Les plages se succèdent, nous passons sous les fameux « pots de fleurs » et, nous aussi, prenons pas mal de photos… enfin surtout moi !

On est quand même bien impressionné par la taille de ces immenses stacks, la végétation folle qui arrive à pousser dessus envers et contre tout, leurs formes et circonvolutions incroyables… soit… l'art de la nature !

14h00, la mer remonte et nous aussi ! Nous avons rendez-vous avec la piscine près de Saint John ! On reprend le volant. Dans le parking, notre van s'est fait deux copines jumelles. Le plus amusant est que nous les recroiserons plus tard ! Ah… nous suivons tous la même route !

Bercée par la chaleur et les tournants de la route, je m'endors lâchement tandis que Paul conduit, et au lieu de me retrouver à la piscine, nous voici à suivre la piste d'un point de vue vers lequel Paul a trouvé un panneau.

Il pleut, il pleut, bergère… Des montées, des descentes, des tournants qui me donnent froid dans le dos, et finalement, nous voici sur un cap, en hauteur et face au phare : le cap Enragé ! L'endroit est magnifique, et heureusement car nous avons fait un sacré détour et dû payer 12 dollars pour y avoir accès. Évidemment, ce n'était pas indiqué sur le panneau… Je me sentirais pigeonne si le lieu n'était pas si joli, mais il l'est. Mais la pluie se met à tomber ! Faisant contre mau­vaise fortune bon cœur, je nous prépare des sandwichs !

La pluie ne s'arrête pas, qu'importe, une petite sieste est au rendez-vous ! Ca fait si longtemps qu'on n'a pas pu en faire une… on ne va pas se plaindre !

Avec la fatigue fuient les nuages, et nous pouvons faire le tour de ce joli cap. La marée haute nous empêche de descendre sur la plage, mais nous en avons déjà fait un bon bout ce matin, c'est parfait !

Après un thé et quelques biscuits, nous reprenons la route. La piscine c'est foutu, il est trop tard, mais tant pis, nous promènerons encore un peu notre crasse !

Nous prolongeons la promenons jusqu'à Alma, décevante comme peuvent l'être les villes américaines, et décidons du coup de changer le programme : tant pis pour Saint John, direction Fredericton, la capitale du Nouveau-Brunswick.

Un peu mélancoliques nous prenons la route, mais la musique joyeuse de la Bandabardó et les vues splendides sous le soleil couchant nous remettent d'aplomb. Le soir tombe, il est tard, nous trouvons un petit village, Grandlake, et le parking de son église. Merci, bonne nuit !

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