Mardi sept juin, sept heures du matin, un réveil sonne dans un appartement face aux écluses du canal de Lachine. Dans une heure, nous devons rendre la voiture dans le centre-ville, et nous craignons la circulation d'un matin de semaine. Henri et moi partons, et comme nous nous y attendions, les artères de la ville sont chargées, mais, heureusement, pas bouchées. Nous arrivons donc avec un quart d'heure d'avance, prenons le métro jusqu'au terminus Angrignon, et marchons les cinq kilomètres qui manquent jusqu'à l'appartement. Pendant le trajet, nous longeons le canal et ses industries, ce qui ne manque pas de réveiller des souvenirs que mon beau-père me partage.

Les Christines, ne nous voyant pas revenir, commençaient à s'inquiéter. Mais il nous fallait bien une demi-heure de métro et une heure de marche ! L'appartement est dans le noir : l'électricité, coupée par une équipe de travailleurs, ne sera pas rétablie avant qu'une autre ne vienne. Nous décidons d'utiliser notre fourgon pour amener mère puis fille au centre commercial Angrignon, tandis qu'Henri reste à l'appartement. Je me trompe dans l'itinéraire pour le retour et me retrouve de l'autre côté du canal, mais j'arrive à temps pour le rendez-vous.
Pendant que les femmes cherchent des cadeaux à ramener en Europe, je m'installe dans les fauteuils d'une allée et joue aux échecs en utilisant la connexion WiFi du centre. Une fois ces courses faites, Christine en fait d'autres plus nourrissantes chez Maxi pendant que je ramène sa mère à l'appartement, avant que je ne revienne la chercher.
L'électricité étant revenue, nous dînons, puis Henri décrète qu'il est temps de se rendre au champ d'aviation, élargissant encore la marge que nous avions prévue avec Christine. Après quinze minutes d'attente à l'arrêt de bus, nous changeons pour un autre, et nous arrivons à l'aéroport. Une fois les bagages enregistrés aux guichets libre-service, nous nous dirigeons vers un restaurant où nous prenons des jus d'orange, un coca et un nestea. Il est alors temps de passer les contrôles de sécurité, et nous observons les parents faire des allers-retours dans le labyrinthe de la file d'attente, les yeux rougis et les mains s'agitant en l'air.
Une page de notre voyage se tourne, une nouvelle peut maintenant s'écrire : la vie dans la camionnette ! Christine et moi reprenons nos bus et regagnons l'appartement. Nous profitons de la baignoire pour nous baigner, et être propres une dernière fois avant notre périple, puis nous nous régalons d'un délicieux plat de pâtes avant de filer nous coucher : la journée a été éprouvante.
Le lendemain, nous nous levons tard, et nous prenons le temps de soigneusement empaqueter toutes nos affaires avant de partir. Nous devons rendre l'appartement à 11:30, et alors les clefs sont rendues, mais nous restons derrière à capter le wifi : Christine arrange l'aménagement et le rangement du camion pendant que je surveille la progression du téléchargement des cartes Google Maps.
Nous partons finalement vers Laval, pour essayer de faire changer le capteur à oxygène défectueux que le garagiste de Québec nous a signalé. En effet, notre camion doit toujours être sous la garantie d'un mois sur tout le véhicule. Notre vendeur accepte de faire la réparation à ses frais, et nous envoie dans un garage voisin avec lequel il travaille, où nous sommes pris en charge relativement rapidement.
Le mécanicien branche son ordinateur de diagnostic sur le port ODBII et retrouve les mêmes symptômes que le garagiste de Québec : une sonde à oxygène est défectueuse, et il y a un souci avec l'évap'. Le bouchon du réservoir d'essence est testé avec un outil approprié, le clic de la sonde d'évaporation avec une batterie. Finalement, rien ne sera fait pour ce souci, car il faudrait alors vérifier l'étanchéité de tout le réservoir en y injectant de la fumée.
Concernant la sonde à oxygène, une nouvelle est commandée et finit par arriver. Seulement, le connecteur ne plaît pas à notre mécanicien, et une pièce de chez Chevrolet est commandée.
Pendant ce temps, une légère fuite d'huile a été détectée vers le filtre à huile, et un joint est remplacé par un autre. Seulement, le nouveau est trop fin, et toute l'huile finit par-terre quand le mécanicien démarre le moteur. Il remonte le véhicule, éponge le tout avec des loques, et remet le même joint avec du mastic. Christine et moi, impressionnés par la chute d'huile, espérons toujours que la réparation n'était pas trop bricolée, et que ça tiendra bon tout notre voyage.
La nouvelle sonde finit par arriver avec le connecteur approprié, et le garagiste la met en place. Il est 17:20, et le garage ferme aussitôt que nous partons. Nous prenons la direction les Saveurs du Plateau où nous espérons trouver une place de parking où passer la nuit, avec le wifi du magasin en prime.
Bingo, nous pouvons garer la camionnette juste devant, et nous captons bien le signal.
Nous allons chez Tri Express pour déguster le menu pour deux personnes, mais la salle est pleine et tout est réservé jusqu'à la fermeture, à 21h. Qu'à celà ne tienne : nous prenons notre menu à emporter, et le savourons dans notre nouvelle maison, où nous allons passer notre seconde nuit, et la première de notre aventure.
Après une nuit de sommeil profond, je me réveille aux côtés de Christine, dont le sommeil n'a pas été aussi calme, ne sachant pas bien si elle a rêvé ou entendu ses patrons râler après la camionnette garée devant chez eux. Peu importe : nous nous habillons et partons discrètement ; il n'est que 6h mais nous avons des achats à faire !
C'est très tôt que nous arrivons sur le parking du Canadian Tire à côté de notre colocation : celui-ci n'est évidemment pas encore ouvert. Christine veut finir sa nuit, mais je ne tiens plus et pars à la recherche de toilettes. Je trouve un restaurant grec et un McCafé, tous deux ouverts 24h/24.
Le restaurant grec ne nous inspirant pas confiance, je finis par convaincre Christine que le McCafé irait, et que ce ne sera pas aussi sale qu'un Tim Hortons. Nous sommes probablement arrivés à la bonne heure, mais en effet, les locaux respirent de propreté, et nous passons finalement pas mal de temps dans l'endroit, attendant que nos thés refroidissent, et finalement jusqu'à l'heure d'ouverture du magasin voisin.
Nous achetons les derniers équipements qui nous manquaient, cherchant surtout un réchaud à gaz, hésitant à plutôt prendre un réchaud universel. Je demande à un vendeur où je pourrais trouver plus de choix en réchauds universels, et il me dit d'essayer chez Rona ou chez Wal-Mart.
C'est décidé : nous payons les quelques trucs qu'on a trouvés, et prenons la direction d'un Wal-Mart. Sur le chemin, nous faisons un arrêt chez Sébastien, notre colocataire, pour récupérer quelques affaires que nous avions oubliées, et pour prendre mon courrier (dont mon permis de conduire canadien !). Nous discutons un peu, puis le laissons à la rédaction de son mémoire pour rejoindre le Wal-Mart. Nouvelle pause sur une place de parking qui nous invite à y manger un sandwich. Enfin arrivés au Wal-Mart, nous nous rendons compte qu'il y a le même choix que chez Canadian Tire, et pour plus cher. Nous trouvons cependant des lingettes nettoyantes (utiles pour garder une certaine hygiène sans pouvoir prendre de douche), et reprenons notre camion pour le garer à nouveau devant la colocation, et prendre le métro vers le centre : j'ai rendez-vous avec mes anciens collègues pour leur dire au revoir.
Nous arrivons devant le Boris Bistro, où j'avais proposé qu'on se retrouve, mais l'endroit semble avoir été réservé pour un cinq à sept quelconque. Christine et moi prenons donc la direction de mon ancien lieu de travail, et nous y retrouvons mes collègues, encore affairés à leurs tâches. Ils font connaissance avec Christine, et nous discutons dans le couloir avant de prendre la direction de l'Atelier d'Argentine, où j'ai finalement réservé une table pour huit personnes : Daniel, Émilie, Éric, François, Hubert, Jean-Philippe, Christine et moi. Mat n'a pas donné de nouvelle, et Francis est en voyage en Angleterre pour y faire une présentation de notre produit.
Tout le monde prend un onglet de bœuf, avec divers accompagnements : des petites pommes de terre pour Christine, et des frites de polenta pour moi. Les desserts sont fameux, j'ai pris une poire à la canelle et au roquefort, et Christine d'invention à base de citron, quelque chose entre le cheese cake, la tarte et la mousse. François nous a offert au moins trois bouteilles d'un vin délicieux. Bref, une soirée d'adieu mémorable ! Nous reprenons le métro vers notre logis : demain, nous retournons vers Québec !