Nous voici de nouveau sur la route, dans notre fidèle auto blanche, prêts pour de nouvelles aventures !

Objectif : Boston.

Plan ? La route 302 conseillée par un monsieur-tourisme-autoroute.

Vous a-t-on déjà parlé des autoroutes américaines ? Les Highways comme ils disent ?Non, parce qu'il faut dire qu'elles sont quand même top : super bien aménagées et avec, sur la plupart des parkings, outre les Dunkin Donut ou autre Burger machin, des bureaux de tourisme vraiment bien fournis, comprenant hôtes ou hôtesses sympathiques qui n'attendent que d'aider. Tout ça en plus de toilettes vraiment propres !

Nous sommes donc sur notre route 302 et comme prévu, nous nous délectons de vues magnifiques sur les montagnes du Vermont et regrettons que notre séjour dans cette région soit de si courte durée. Nous sommes sur la route du départ, celle qui mène vers le New Hampshire et la suite de l'aventure…

Comme d'habitude la journée est passée trop vite, entre les émotions dues à l'ascension du Camel's Hump ce matin et la mise en place du programme pour la suite des évènements, le crépuscule s'annonce de façon toujours plus pressante et nous réalisons que nous allons certainement rouler la majeure partie de cette route touristique dans le noir…

En toute logique, nous décidons donc de faire un premier détour vers les carrières de Barre.

Barre est sur notre chemin, mais c'est un détour dans le sens où nous allons sortir de notre itinéraire principal et aller fureter pour trouver ce qu'il y a à voir.

C'est Andy qui nous a conseillé de passer par là, il paraît que le granit de ces carrières historiques a été utilisé en partie pour le construction de la maison blanche…

Nous ne sommes pas déçus, après quelques détours et une route faite trois fois aller-retour, nous découvrons le long du chemin les carrières abandonnées et remplies d'une eau qui reflète le granit d'une façon magique dans le soir qui tombe. Il y a des montagnes de débris de granit, de vieilles infrastructures monumentales qui attestent de l'importance de la carrière et des panneaux explicatifs qui racontent l'histoire du premier trail (sentier) des indiens jusqu'à l'abandon des carrières.

Tous les 50 mètres une nouvelle carrière ou une nouvelle montagne de débris s'ouvre à nos yeux.

Il fait vraiment froid et après les émotions de la randonnée du matin, je n'ai plus aucun courage pour sortir de la voiture. J'admire la vue depuis mon siège passager tandis que Paul, courageusement, prend ce beau panorama !

Nous reprenons ensuite notre route. La nuit est tombée, il n'y a plus rien à voir. Nous bifurquons donc sur la route 5 et roulons en direction de Norwich. Il est tard, il est faim et nous espérons trouver un endroit où nous arrêter, nous réchauffer et partir en quête d'un lieu paisible pour la nuit.

Un premier village… rien… Un deuxième village, une pauvre enseigne multicolore qui sent le gras… troisième village, peut-on réellement appeler ça un village ?

Oui, on est un peu désespéré ! La route ne passe que par des hameaux dégueulasses… On ne trouvera jamais de magasin où acheter à manger !

Paul prend les choses en main, il regarde la carte de plus près et nous faisons demi-tour pour aller voir le village que nous venons de dépasser : Bradford. Je roule dans la rue principale, il y a des enseignes, des gens dans la rue, des lumières… et même quelque chose qui ressemble à un pub. Abasourdis par tant d'activités, nous décidons d'approfondir la découverte de ce lieu.

Je stoppe la voiture en-épi-n'importe-comment sur un emplacement qui n'est même pas une place de parking et rend le volant à Paul pour qu'il cherche « proprement » un endroit où laisser la voiture. On est vendredi soir et les vermontais ont apparemment décidé de sortir… toutes les places sont prises ! Ca ne nous étonne qu'à moitié : finalement nous sommes une source directe pour savoir que Bradford est le seul endroit animé sur pas mal de miles !

musique en fond sonore… Nous découvrons un restaurant italien et un panneau qui indique qu'à l'étage il y a un bar et un concert. Nous gravissons les marches extérieures dans un froid vraiment glaçant et nous retrouvons devant une porte qui laisse s'échapper des notes de rock. Ni une ni deux, comptant les quelques billets qui nous restent, nous entrons dans l'auberge !

De la musique, de la chaleur et des gens qui parlent fort… Un havre de paix !!!

Que demander de plus ?La lumière est tamisée et les poutres de la charpente en bois sont apparentes !

On déguste une première bière avec de la country-rock proposée par notre groupe. Un petit serveur très sympa nous apporte du pain et une mixture d'huile d'olive et de pignons de pin… On imagine qu'on lui fait un peu pitié, surtout quand il nous amène du pain pour la deuxième fois !

Apparemment, ici, boire un verre sans manger n'est pas vraiment concevable…

Pendant que je fais des calculs savants pour savoir si on aura assez d'argent pour une deuxième bière et le pourboire, Paul prend les choses en main et part en quête d'un bancomat. Les plats des gens et leurs odeurs attirent nos estomacs de façon implacable ! Au diable le budget… on va s'offrir un repas !!

Nous savourons alors la meilleur polenta jamais mangée, même en Italie (de ma part c'est quand même un sacré compliment) ! Un savant mélange avec des champignons et des noisettes qui ne laisse vraiment pas indifférent !

En plus, en bon voyageur fauché, nous prenons une entrée pour deux que le cuisinier nous sert ingénieusement dans deux cassolettes. Que de délicatesse ! Une surprise au vu des bérets que les serveurs sont obligés de porter en bas…

C'est si délicat et bon marché que nous pensons même qu'on nous a en fait apporté deux fois l'entrée, mais le bill à la fin est clair, aucune erreur de la part de notre serveur. Le paradis !

C'est terrible de penser à quel point, quand on est voyageur, un bon plat chaud est réconfortant et vous fait votre soirée…

Chez moi, c'est près de mon estomac !Stella a dû s'inspirer de ça. D'ailleurs, à vrai dire, c'est vrai que je parle de plat chaud, mais une bonne bière est toujours plaisante aussi. Ici, on a les deux, et de la musique en prime !

Vendredi soir, pizza et bière, concert… tout ça laisse forcément sous entendre des écrans plats et du sport ! Je suis initiée par Paul aux règles du hockey sur glace et étonnement, ça m'impressionne quand même un peu ! Ils sont vachement habiles sur leur patin et leur palet est quand même vachement petit… Rien à voir avec quelques abrutis qui courent dans tous les sens écrasant la belle herbe fraiche…

On frôle l'incident diplomatique lorsqu'un des serveurs change de chaîne pour un des clients qui veut regarder, lui, je sais plus trop quoi. Notre voisine de comptoir crie au scandale et râle jusqu'à ce qu'on lui remette son hockey… qui est fini !

Ici, les américaines ont une façon toute spéciale de montrer leur féminité et leur subtilité au mâle convoité. Nous avons vu arriver cette jolie blonde bien maquillée avec son gros rendez-vous, les yeux brillants et le décolleté généreux, prête à tout pour sublimer l'audience. De ses mains blanches elle a attrapé une jolie aile de poulet grasse et dégoulinante et s'est appliquée à fourrer tout ça dans sa bouche tandis que son compagnon, viril, s'en enfilait deux d'un coup.

Je me permets quelques licences littéraires, j'avoue, mais si j'en rajoute, c'est à peine ! C'est une compilation de toutes les femmes en rendez-vous que j'ai vues avec du gras de poulet sur le menton et les avant-bras. Ici, les pilons de poulet se mangent comme des bâtonnets de carotte mais je ne suis pas certaine que ce soit aussi bon pour le teint !

Les ailes de poulet mangées et les pizza avalées, quelques américaines se sont essayées sur la piste… enfin il n'y avait pas vraiment de piste mais elles se sont mises à se déhancher près du bar. Contrairement aux ailes de poulet, j'ai trouvé ça plutôt harmonieux !

Fin de la pizza, fin des bières, fin du concert et puis pas mal de fatigue, l'heure était venue de rentrer dans nos pénates. Restait juste à les trouver ! Ho, la voiture était bien parquée dans la rue commerçante, mais ça ne semblait pas l'endroit le plus adapté pour passer une nuit tranquille.

Le froid et la fatigue nous a ôté l'envie de chercher loin, nous avons donc fait un tour du bourg. Pas grand chose… de grandes rues mais pas de place pour se parquer ! Finalement, nous avons élu domicile sur un terrain vague/parking à une centaine de mètres de notre pub, en face d'une grande maison blanche un peu délabrée. Trop fatigués pour se tracasser, après avoir bougé la voiture deux fois de place, on s'est endormi, protégés par un grand talus.

Camel's Hump Montréal