Nous avons donc passé Québec, et nous poursuivons notre remontée du fleuve Saint-Laurent. Nous passons Trois-Rivières dans l'après-midi, et on nous informe que nous ne dépasserons Montréal que vers minuit. Christine est assez fatiguée et fait une petite sieste en attendant l'heure. De mon côté, je me mets à éplucher nos guides pour imaginer un itinéraire possible dans l'ouest canadien, tout en surveillant l'heure et mon GPS pour jauger notre approche.

Vers minuit, donc, tout excité d'enfin voir cette grande ville, je regarde mon GPS et il me semble qu'on est assez prêt pour voir quelque chose. Je réveille doucement Christine, et regarde à nouveau mon GPS pendant qu'elle se prépare à sortir. C'est alors que je constate l'échelle sur laquelle est réglé l'appareil : nous sommes en fait encore au milieu de nulle part, à plus de 20 km de la cité. Soit, à la vitesse habituelle du bateau, encore au moins une heure. Fausse alerte, donc : Christine se recouche et je retourne à mes guides.

Une heure plus tard, je vois par la fenêtre des lumières. Pas de doute cette fois-ci : nous sommes dans une ville ! Je ne commets pas une deuxième fois la même erreur, et vais enquêter sur le pont avant tout réveil intempestif. Il y a bien quelques faubourgs le long du canal, mais pas de Montréal en vue. On me dit aussi que nous n'arriverons pas avant 4h du matin. Je décide donc de m'octroyer un peu de sommeil, et de mettre mon réveil pour cette heure-là.

Quatre heures du matin ! Je réveille Christine et me rue sur le pont. Le bateau est en train de se garer derrière un autre, au milieu d'un bassin. J'apprends qu'on n'a pas de pilote, et qu'on restera ici jusqu'à 7 h du matin. Déçu, j'en profite pour prendre quelques photos : on voit quand même la ville au loin, et on est à côté du parc olympique de 1976, dominé par la Montreal Tower, qui domine le stade et qui est, d'après notre guide, « la plus haute tour inclinée du monde avec ses 175 m. »

On peut admirer les gratte-ciel illuminés de Montréal au loin, et la Montreal Tower, assez proche sur notre droite.

Je reviens rapidement dans la chambre pour dire à Christine qu'on est arrêté, qu'on attend un pilote, qu'on ne voit pas grand chose, et qu'on ne repartira qu'à 7h.

La navette arrive avec un nouveau pilote. Nous allons bientôt repartir !

À l'heure dite, nous sommes sur le pont. Nous assistons à l'arrivée du pilote, déposé par une navette du port de Montréal. Les pilotes exercent sur la zone sur laquelles ils ont été formés. De cette manière, ils connaissent bien les courants du fleuve, ainsi que les profondeurs, et ce genre de choses.
Quand trop de bateaux ont pris le fleuve dans un sens, il y a pénurie, et il faut attendre qu'un pilote soit redescendu par un autre bateau.

Deux paparazzis mitraillent les buildings De jour, on distingue mieux la ville au loin. D'ailleurs, nous n'en verrons pas beaucoup plus (pour l'instant !), car le canal reste loin du centre.
Les jumelles nous permettent de voir des gratte-ciel en construction, une enseigne gigantesque pour une marque de farine, et nous distinguons clairement le Mont Royal surplombant la ville.
Nous reviendrons ici dans un mois et demi pour une visite plus longue et plus approfondie. Cet avant-goût n'a fait qu'exciter mon imagination !

Nous poursuivons notre course le long du canal, qui passe derrière l'île Notre-Dame, sur laquelle se trouve le casino, et un long bassin vraisemblablement dédié aux courses d'aviron. Il y a aussi un drôle de bâtiment tout enfermé dans un grillage sphèrique.

Je n'ai pas autant de grâce que Christine, à califourchon sur la proue de notre navire ! Une étrange sphère englobe tout un bâtiment sur l'île Notre-Dame

Les premiers ponts sont gigantesques, et me rappellent celui que nous avons traversé au-dessus de l'estuaire de la Loire il y a quelques semaines. Plus loin, apparaissent des ponts plus petits, qui se soulèvent à notre passage. L'espace prévu est tout juste : « Ne mets pas ta main sur la coque, ou tu risques de te faire pincer très fort ! » dirait un lapin bien connu des parisiens.

Enfin, nous arrivons à la première écluse. Là aussi, le passage est étroit, et il ne reste que quelques centimètres de part et d'autre de la coque. Nous nous arrêtons, la porte se ferme derrière nous, l'écluse se remplit d'eau, la porte avant s'ouvre... Le processus n'est pas rapide, mais nous accélérons notre prise d'altitude !

La journée se finit lorsque nous arrivons sur le lac Saint Louis, et une légère pluie au-dessus de nous ne va pas jusqu'à l'horizon où le soleil se couche. Les rayons, sont réfléchis et déviés par les gouttes. Celui qui, posté sur la proue, détournera le regard du ciel embrasé, verra autour de la poupe un double arc-en-ciel aussi grand que le ciel.

Vers Québec Thousand Islands