Ou l'histoire du stress d'un départ avancé qui s'annonce en retard et s'étire en longueur...

C'est l'histoire d'un organisme anglais qui vous avait dit que vous partiriez dans le courant d'octobre et qui vous demande finalement d'être prêt à partir "around September 24th" alors qu'on est le 17. Alors évidement, là, on stress, on envoie des mails, on se demande comment on va faire!

Et mes parents? Et mes amis? Ils sont tous à Paris!

Les jambons-beurre pique-niquent face à Notre-Dame Un mail nous avertit que finalement on embarque le 27 et qu'on partira le 28. On s'organise rapidement, on retourne vite fait à Paris, à Marche, à Villers, on dit au revoir...

On court et on fait des sacs beaucoup trop gros qu'on vide de moitié et puis qu'on reremplit. Finalement on est dans la voiture, le téléphone sonne : c'est le port d'Ijmuiden.

-"Le cargo n'a pas encore pu entrer dans le port. Ne venez pas demain, téléphonez-nous lundi après-midi!" (en tout cas c'est ce que j'ai compris puisque c'était un hollandais qui parlait en anglais à Paul qui avait parqué la voiture sur le bas côté de la N4.)

Alors samedi soir on a fêté notre dernière soirée qui ne l'était pas, le dimanche on a finalement pu revoir 1000 ans d'oncles et tantes Dehareng au lieu de rouler vers Ijmuiden, le lundi matin on a attendu, le lundi après-midi on a téléphoné.

-"Le bateau partira mardi soir, vous pouvez embarquer demain après-midi."

Alors forcément, mardi matin, à 7h30, le réveil sonne. On se préparer, on s'habille, maman rate même son cours de gym...et papa prend le volant!

La plage d'Ijmuiden depuis le petit restaurant A midi on est à Ijmuiden, on passe à la police comme Miri nous l'a demandé, on est tellement bien organisé qu'on a même le temps d'aller manger des œufs sur la plage, la jolie plage d'Ijmuiden. Un vénérable hollandais vient nous proposer ses plats et bières dans sa grande salle toute vide. Après un grand tour digestif le long de l'eau à la rencontre des hollandais et de leurs chiens, il est temps de reprendre la voiture et de traverser Ijmuiden et ses écluses vers notre cargo.

Après quelques détours et obligations administratives (on n'entre pas chez les ferrailleurs comme dans un moulin), on traverse l'immense complexe de Tata steel, les souvenirs remontent pour notre conducteur préféré qui pense aux concurrents qu'il connait bien...

Drôle d'endroit pour commencer un périple vers la vaste nature : tout est tours, machines, engrenages, tuyaux et moteurs.

On trouve le bunka 3, on trouve Isa, un dernier saut à la voiture pour aller chercher les bagages et on monte à bord!

Cette fois-ci c'est le dernier au revoir Petit salon avec mes parents qui nous laissent sur les coups de 17 heures : c'est le premier souper polonais! Avant de descendre dans la cantine, partie officiers, nous regardons depuis les hauteurs d'Isa, fort émus, mes parents s'éloigner vers leur voiture.

Après tous ces évènements, on finit par faire le tour du cargo. Les différents étages, la salle de sport, les ponts, un coup d’œil par la vitre pour observer le poste de commande, un regard vers les cales qui se chargent : étonnant comme elles sont peu remplies! Si peu remplies qu'il faudra en fait encore la nuit et la journée du lendemain pour que le chargement se clôture!

Entre le placement, le déplacement, l'harnachement... au moins 10 minutes sont nécessaires pour placer une bobine d'acier dans une cale. C'est très impressionnant à observer, mais aussi extrêmement lent! Quand on sait qu'il va falloir charger 20 000 tonnes d'acier, on prend son mal en patience!

Heureusement, pour les trois tonnes de nourriture qu'il va falloir charger à IJmuiden, notre équipage polonais est beaucoup plus rapide que les équipes hollandaises qui chargent l'acier. Les 600 kg de viande, 300 litres de lait, 1080 oeufs, 60 kg de sucre, 30 de beurre, j'en passe et des meilleurs, sont chargés sur le pont arrière en quelques minutes. Nous ne mourrons pas de faim!

La vue depuis l'avant d'Isa et depuis l'arrière

Mercredi matin, Paul est sur le ferry vers la ville d'Ijmuiden car sa gourmande de copine veut absolument acheter des biscuits. Une innovation ijmuidienne: les poubelles basquet. Tout de suite il y a plus de déchets qui atteignent leur cible. Nous sommes mercredi, il est 23h34, et il paraît que nous partons à minuit. Si Dieu le veut...

Bienvenue à bord ! The owner cabin