Toronto quittée, la vraie aventure peut enfin commencer. Il est 19h00, nous arrivons à Montréal dans le noir. Une station d'autobus pas très accueillante, le poids des sacs (comme d'habitude), … Peu importe : nous sommes tout à l'euphorie d'avoir atteint notre destination hivernale !

Puisque la chambre que nous avions réservée pour 10 jours nous a glissé entre les doigts, et que notre hôte Ed nous a averti il y a seulement une semaine qu'il ne serait pas possible de rester dans sa coloc, nous nous sommes débrouillés comme nous avons pu. Paul nous a dégoté un couchsurfeur qui peut nous accueillir la semaine prochaine, et, pour ce premier week-end à Montréal, nous décidons donc de nous offrir un petit Airbnb sympa et bien placé. 3 nuits pour 88 euros à deux, ça reste raisonnable !

Nous prenons donc un bus qui nous amène au parc La Fontaine, pour le grand plaisir, comme d'habitude, des passagers réguliers qui aiment nous voir souffrir un peu sous le poids du voyage !

Le parc est là, nous descendons dans le noir et cherchons la rue Dorion, notre résidence pour le week-end. Voilà nos premières impressions de la ville : une petite rue qui descend, longée par des maisons de ville divisées en appartements reliés au dehors grâce à des escaliers extérieurs. C'est assez joli, même si peu éclairé, et le fait de pouvoir descendre et non gravir une rue avec nos sacs nous la rend d'autant plus sympathique.

Nos hôtes nous accueillent gentilement ; ils étaient en train de monter le sapin de Noël. Emilie est graphiste et son copain travaille dans la finance, malgré son look d'adolescent sur le tard. Leur appartement est agréable et digne d'un jeune couple : simple, blanc et IKEA. La salle de bain est spacieuse, la cuisine impeccable, la chambre confortable… après nos aventures chez nos hôtes de Toronto, c'est vraiment le paradis !

Paul et le tsatziki montréalais La faim se fait sentir, et sous les bons conseils d'Emilie nous nous dirigeons vers la rue Saint Denis et, nous ne le savons pas encore, le Plateau ! La rue est vivante, les passants nombreux, les vitrines bariolées. On n'y entend que du français. Mais… du français ! Où est l'accent québecois ? On dirait que cette ville n'est remplie que de parisiens… Un peu destabilisés, tout de même, nous continuons notre route et finissons par nous retrouver devant une enseigne qui m'attire : « Auprès de ma blonde ». Moi je pense à la chanson, Paul au menu, nous entrons !

Un cadre amusant, vivant, des entrées grecques pas chères et des burgers énormes, tout ça arrosé d'une bonne couche de gras qui ne nous donnera pas envie d'y revenir mais nous permet quand même d'apprécier cette première soirée dans Montréal !

Crevés, nous rentrons à pied dans notre chez nous d'un week-end et repérons déjà des annonces de boulot et « la Banquise », lieu connu entre tous pour ses fameuses poutines !

Après une bonne nuit de sommeil, nous émergeons le lendemain matin dans une chambre ensoleillée et déjeunons avec nos hôtes. Tandis que nous dégustons l'apple butter de la tante de Paul, nos « colocs » préfèrent le pâté et nous racontent la vie canadienne. La famille, la nature, la politique…

C'est bien intéressant mais la journée est déjà pas mal avancée ! Nous décidons de partir à l'aventure dans les environs, histoire de repérer un peu les quartiers et visualiser où nous voudrions vivre !!!

Le Plateau, même s'il ne nous intéresse que moyennement à priori, est notre première destination. Les rues sont sympathiques, les maisons jolies et bien entretenues. Les escaliers colorés devant les façades nous enchantent !

Les prix, par contre, vont nettement moins plaire à notre budget un peu serré. Et puis, sans vouloir faire les touristes qui critiquent la présence d'autres touristes, cette concentration en masse de parisiens n'est pas très dépaysante. Moi, j'ai déjà trouvé le meilleur des français, pas besoin d'en avoir trop autour de nous au Canada ! Criss, c'est qu'on veut entendre du tabernac de québecois autour de nous ! Écouter notre accent à nous c'est plate !

Tout le thé ingurgité le matin au petit déj' nous rappelle bientôt à l'ordre et nous nous mettons en quête de dollars canadiens et d'un endroit où boire un verre. Grand boulevard commercial Saint-Laurent, et puis retour dans les quartiers moins commerciaux où un petit bar a attiré notre attention : le Else's.

Salle bien décorée, livres, jeux d'échecs et snacks originaux, nous décidons finalement d'y rester un peu plus longtemps que le temps d'un verre.
La serveuse, qui doit faire son premier jour, s'avère désespérément gentille mais carrément inefficace et le temps qu'elle nous serve la nuit est tombée sur Montréal. Nous la quittons finalement et reprenons notre route… vers la maison ! Il commence à être tard, 18h00 approche, et même si nous ne sommes que le 5 décembre au Canada, nous avons décidé d'entamer les festivités des trente ans de Paul dès que minuit sonnerait en Europe. Arrivés à l'appart, nous trouvons nos hôtes attablés avec des amis à prendre l'apéro : apparemment nous ne sommes pas les seuls à vouloir profiter de notre samedi soir. Après un petit verre avec eux (ils boivent un Bloody César, la spécialité de l'endroit, un genre de Bloody Mary mais avec du Clamato… c'est-à-dire du jus de tomate et de palourde…), j'offre ses cadeaux à Paul et nous repartons dans Montréal à la recherche d'un chouette endroit pour passer cette étape importante. ![](uploads/Air-6.jpg) Comme les Montréalais manquent un peu de vitamine D en hiver (ça alors !), la ville organise des expositions de luminothérapie. Des bâtiments sont éclairés par des artistes un peu partout dans les rues du centre. Nous recherchons quelques bâtiments éclairés mais ne sommes pas vraiment époustouflés par le résultat. Il faut dire que le son et lumière de la cathédrale de Reims nous a rendus assez difficiles… ![Une piste à la place de la route…](uploads/Air-7.jpg) Arrivés dans la rue Saint-Denis, c'est l'affluence. Le monde grouille et se presse autour d'une immense piste de snowboard montée en plein milieu de la rue. Musique techno, présentateur lourdingue et bouffe qui sent le gras. Mais une sensation de neige… Décidément, tout le monde veut fêter les 30 ans de Paul. Nous regardons quelques pirouettes puis reprenons notre route, il ne faudrait pas que les restaurants ferment ! Nous longeons la rue Sainte Catherine, conseillée par Emilie, mais tombons de déception en déception : c'est moche, que des gros buildings, et absolument rien de « cute » pour passer la soirée. L'espoir dans les chaussettes, nous continuons à déambuler à travers des buildings de plus en plus hauts et de plus en plus laids, et les rues sont de plus en plus désertes… Démoralisés, nous décidons de rebrousser chemin en empruntant une parallèle. Nous n'avons pas fait cent mètres que là, merveille, bonheur, une cahutte parmi la ville : The house of jazz ! À travers les fenêtres on entend des échos de musique, on sent la lumière chaude et le décor baroque. Ouf, je vais pouvoir inviter Paul dans un endroit digne de ce nom ! ![](uploads/Air-8.jpg) ![](uploads/Air-10.jpg) ![](uploads/Air-9.jpg) ![](uploads/Air-11.jpg) ![](uploads/Air-12.jpg) Un peu éblouis et abassourdis, une dame nous installe dans ce cadre jazzy et nous nous délectons d'un concert de qualité. Finalement, la soirée est à hauteur des évènements ! ![À minuit, le carrosse redevient citrouille…](uploads/Air-13.jpg) Nous rentrons alors dans nos pénates, à pied, et découvrons l'envers du décors de la grosse fête du snow que nous avions croisée tout à l'heure. Et dire que la première neige que nous avons vue à Montréal était fausse… Le lendemain, c'est la fête des enfants de l'autre coté de l'océan, mais ici c'est la fête de Paul ! Après un petit déjeuner pris sur le tard, nous cherchons des apparts sur internet l'après-midi et puis nous préparons pour la soirée.

Nous sommes invités par une amie de cours de Paul, Claire, qui vit à Montréal depuis 4 ans déjà et qui a plein de bons conseils à nous partager. Le premier étant de goûter à une pizza hamburger… !!

Claire habite un appartement à la porte rouge vif, en dehors du Plateau mais quand même pas très loin ! Elle cherche toujours le meilleur endroit pour manger un croissant correct mais a trouvé une panoplie de manteaux d'hiver formidable. Elle a réussi à déjouer les tours de l'ordre des ingénieurs québécois pour ne pas devoir payer les redevances idiotes et valoriser ce protectionnisme. Elle a un arbre de Noêl rien que pour son chat à qui elle a appris à faire ses besoins sur les toilettes.

Tout un personnage !

Nous découvrons donc un autre coin de Montréal et passons une soirée bien amusante à discuter des projets montréalais et à fêter, une fois de plus, les 30 ans de Paul avec une tarte aux bleuets. Voilà comment marquer dignement ce passage de trente ans de vie, quand la moitié des années écoulées ont été une grande envie de Canada !

Sur le chemin du retour, nous découvrons une église qui me laisse pantoise… Des néons bleus annoncent la bonne nouvelle, enfin, une nouvelle, enfin, leur nouvelle…

Un bâtiment bien imposant, un porche sur lequel on annonce « Le Chemin du Paradis », et puis des néons bleus et rouges dignes de la plus digne des maisons closes belges qui t'avertissent que « Le salaire de ton péché c'est l'enfer. Le paradis n'existe que pour les justes ».

Je n'ai pas essayé de comprendre de quelle confession il s'agissait, de toute manière, de ce côté de l'océan atlantique, ça part de tous les côtés. Mais quand même, je suis restée scotchée, hypnotisée… J'imaginais déjà le vieux libidineux assis dans son confessionnal à attendre d'entendre des péchés croustillants.

Est-il vraiment permis d'écrire des trucs pareils dans la rue ?

Mon dieu, j'avais l'impression d'être replongée en pleine messe de Pâques en Sicile. Il peccato ceci, il peccato celà, il pecato blabla… IL PECATO !!!!!!!!!!!!!! Magari !

Au bout de plusieurs photos et de tous mes cris d'indignation, Paul finit par me demander qu'on reprenne notre route. Après tout, c'est son anniversaire, je m'exécute…

Ca y est, le premier week-end est fini, nombreux sont ceux qui nous attendent…

Montréal Couchsurfing rue d'Orléans